L’Espagne, enfant maudit du mondial

On en a maintenant l’habitude. A chaque fois que l’Espagne foule les terrains de la Coupe du monde, il faut s’attendre aux échecs les plus spectaculaires. Une réputation de «perdante» pour une équipe qui compte pourtant certains des meilleurs joueurs à l’échelle internationale et un pays où tout le monde ne jure que par le football. La «mala suerte» fait partie du bagage de cette équipe là où elle va. Mais quels que soient les problèmes rencontrés par l’Espagne au Mondial, la sélection ne sera pas cette fois soumise à la pression qui pèse habituellement sur les favoris. La raison est simple. Habitués aux échecs, les ibériques vont sans doute pouvoir aborder le Mondial asiatique tranquillement.
L’entraîneur Jose Antonio Camacho devrait pouvoir aligner une des équipes les plus talentueuses du tournoi, avec des stars venues du Real Madrid, de Barcelone, du FC Valence ou du Deportivo La Corogne, autant de clubs qui ont impressionné en Ligue des Champions. Dans l’encadrement, on fait preuve d’un optimisme prudent qui contraste avec l’enthousiasme habituel des joueurs, L’enjeu est de trouver le bon mélange entre la jeunesse et l’expérience. Le Real Madrid, deux fois champion d’Europe ces quatre dernières années, fournira l’ossature de l’équipe avec Fernando Hierro en défense central, Ivan Helguera en milieu de terrain et le brillant Raul sur le front de l’attaque. L’attaquant du Deportivo La Corogne Diego Tristan pourrait épauler Raul devant les buts adverses. Camacho peut aussi compter sur de jeunes joueurs, dont les trois Barcelonais Xavi, Gabri et Carles Puyol qui avaient conduit l’Espagne à l’argent olympique à Sydney. Sont également attendus, le jeune gardien surdoué du Real Madrid Iker Casillas, et l’attaquant expérimenté de Majorque, Alberto Luque. Le plus dur sera de tirer le meilleur parti de cette incroyable mosaïque de talents. Ayant dominé son groupe de qualification devant l’Autriche, Israël, la Bosnie et le Liechtenstein, la sélection s’est qualifiée pour son septième Mondial consécutif.
Dans cette impressionnante série qui a débuté en Argentine lors du Mondial 1978, les Espagnols n’ont à leur actif que deux quarts de finale, au Mexique en 1986 et aux Etats-Unis en 1994. L’Espagne était considérée comme favorite du Mondial 1998 et de l’Euro 2000 mais, à chaque fois, la sélection perdait. Seul le Mondial 2002 décidera si cette dernière fait vraiment partie de l’élite ou bien si elle est définitivement condamnée aux contre-performances, là où il faut cartonner.

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