L’Espagne s’élève au sommet de l’Europe

L’Espagne s’élève au sommet de l’Europe

Avec cinq victoires en six matches et une qualification aux tirs au but contre l’Italie en quarts, elle a démenti sa réputation d’équipe brillante mais inefficace pour décrocher son deuxième titre de championne d’Europe 44 ans après le premier. Sa finale remportée 1-0 contre l’Allemagne a été à l’image de son Euro : une démonstration de football collectif et léché  face auquel la détermination allemande a été impuissante. Derrière son président Michel Platini, l’UEFA veut voir dans le sacre de l’Espagne et la présence de l’Allemagne en finale la revanche d’un football offensif quatre ans après la victoire de la Grèce. «Je tiens à remercier (…) les joueurs et les entraîneurs qui ont donné une belle image de notre football européen », s’est réjoui Michel Platini. «La vraie chance, c’est que tous ceux qui sont allés vers l’avant ont gagné». En 2004, la Grèce n’avait remporté qu’une seule victoire en poule avant de piéger successivement tous ses adversaires jusqu’en finale avec trois succès 1-0. En six rencontres, elle n’avait marqué qu’une seule fois plus d’un but. En 2008, les deux finalistes ont été les deux meilleures attaques du tournoi, les seules avec les Pays-Bas à atteindre le seuil des deux buts par match avant de se rencontrer à Vienne. Là où les Néerlandais ont excellé dans l’art du contre face à l’Italie et à la France, l’Espagne et l’Allemagne se sont en revanche employées, chacune à leur manière, à imposer leur loi au milieu de terrain. La France, elle, en a été incapable, handicapée par les blessures, les méformes et l’intégration inaboutie d’une nouvelle génération. Vice-championne du monde deux ans plus tôt, elle est cette fois rentrée à la maison dès le premier tour en ramenant de Suisse des doutes multiples sur son avenir et celui de son sélectionneur Raymond Domenech. L’Italie, dont la priorité était comme la France de ne pas prendre de but, a pour sa part déjà tranché: Roberto Donadoni a été remplacé par son prédécesseur Marcello Lippi, champion du monde deux ans auparavant.
L’UEFA s’est certes félicitée d’avoir apporté du «bonheur» aux amateurs de football, avec la récompense de l’esprit offensif, une forte diminution du nombre de cartons distribués (trois expulsions en 31 matches) et quasiment aucune violence liée aux supporters.

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