L’heure des bilans

Au bureau fédéral de la FRMF, c’est la course contre la montre. On veut sortir le football national de sa léthargie en un laps de temps réduit. Nos responsables veulent tout bonnement rattraper, en l’espace de deux semaines, ce qu’ils n’ont pas su faire en quatre ans, ou n’ont même pas eu le souci d’y réfléchir. En se réunissant avec l’association de la médecine sportive, l’amicale des arbitres, l’alliance marocaine des journalistes sportifs, l’amicale des entraîneurs, les présidents des ligues et les représentants du GNF, le bureau fédéral croyait avoir fait le tour de table. Alors que d’autres grandes figures du ballon rond national, comme l’ancien président du WAC, Abderrezak Mekouar, l’un des premiers à avoir mis en place le concept d’école de football, sont jetées aux oubliettes.
C’est comme s’ils n’ont jamais existé. Quoi qu’il en soit, l’heure est actuellement au bilan. Une réunion dite de « synthèse » est prévue le 26 courant au siège de la fédération. Selon un communiqué de la FRMF, les rencontres avec les différents acteurs du football national « ont donné lieu à un certain nombre de remarques et précieuses recommandations sur lesquelles se basera très largement le bureau fédéral pour statuer lors de sa réunion de synthèse ». Quelle synthèse ? quand on connaît, à l’avance, la position de l’AMPS sur ce sujet. Sans le moindre signe d’hésitation, l’association a rejeté la proposition de la fédération. Elle refuse ainsi de s’impliquer dans une tentative aussi désespérée que manquant de réalisme de trouver une issue à la crise dont pâtit le football national. Demander le point de vue de ladite association, sur la participation de l’équipe nationale à la coupe d’Afrique des nations qui s’est déroulée au Mali, relève de la redite. Plus encore, la presse nationale a toujours été la dernière à être informée sur les choix, soient-disant, stratégiques de la FRMF. Les exemples sont là pour en attester.
Le recrutement « discret » des entraîneurs de l’équipe nationale, la suspension du championnat national des juniors, la sélection d’un tel ou tel joueur professionnel… Bref tout ce qui a tiré, aujourd’hui, vers le bas notre niveau de football. Maintenant que le navire est en train de couler, tout un chacun des membres de l’équipage veut sauver sa peau, au détriment des autres.
Le directeur technique, Rachid Taoussi, qui a établi un rapport technique détaillé de la participation du onze national, a déclaré sur les colonnes d’un quotidien de la place que le sélectionneur national, Humberto Cuelho, était déboussolé et avait dépassé les prérogatives qui lui ont été attribuées. Pour leurs parts, les entraîneurs étaient pessimistes, avant même le départ de l’équipe nationale au Mali. Et ils l’ont dit haut et fort. Mais au sein de la FRMF, on préfère faire la sourde oreille. Et ce n’est pas les sifflets des arbitres, ni la médecine sportive qui va les guérir de cette maladie !

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