L’homme qui rassure Zaki

L’homme qui rassure Zaki

«Quand je l’ai recruté, je lui ai prédit un avenir meilleur. Je lui ai dit si tu travailles sérieusement tu seras en équipe nationale», se souvient encore Abdelhak Mendoza, président et entraîneur du RAC de Casablanca, des premiers jours de l’actuel gardien des Lions de l’Atlas, Nadir Lemyaghri. Témoignage d’un vieux routier du football national qui sait de quoi il parle. Aujourd’hui, les faits lui ont donné raison. Âgé de 27 ans, Lemyaghri est, actuellement et incontestablement, le meilleur gardien du championnat national. Et ce n’est pas un hasard si Badou Zaki, entraîneur de l’équipe nationale et Ballon d’or en 1986, alors gardien de but, qui démentira. Lui qui l’a aligné en tant que titulaire lors de la rencontre décisive des Lions de l’Atlas face au Botswana, samedi dernier.
Avant de gagner la confiance du sélectionneur national, chose qui n’est pas aisée, Lemyaghri a parcouru un long chemin. Ses débuts, il les a faits au RAC de Casablanca. Sa première saison chez les juniors remonte à 1994, année où un grand nom gardait encore les buts des Lions de l’Atlas, Khalil Azmi. « Je l’ai convoqué en équipe première, pour la première fois, alors qu’il était encore junior. À l’époque, il pesait à peine 50 kg », glisse Mendoza, avec un brin d’humour.
Lemyaghri, connu pour être travailleur, ne mettra pas trop de temps pour avoir du poids. Il s’est vite imposé en équipe première pour être l’un des artisans de la montée du RAC en première division en 2000. Mais, le jeune portier ne savait pas qu’il était convoité par un grand club, le WAC. Un club qu’il rejoindra en 2001.
Pour Lemyaghri, la voie de la célébrité ne faisait que commencer. Seulement voilà avec l’arrivée du Français Ladislas Lozano à la tête des Rouge et Blanc, quelque chose allait se passer et tout basculer. Accusé d’indiscipline, il sera écarté par l’entraîneur français. « C’était à cause d’un petit incident avec l’entraîneur français. J’en ai parlé avec le président du WAC à l’époque, Nasser Doublali. J’ai même fait part de mon témoignage à la télé pour défendre Lemyaghri contre toutes ces accusations », se rappelle encore Mendoza.
Après avoir été prêté au HUSA pour une saison, club avec lequel il a remporté le titre de champion du Maroc en 2002, Lemyaghri a fini par réintégrer les couleurs des Rouge et Blanc et s’imposer comme l’un des meilleurs gardiens, volant ainsi la vedette à Hicham Lâarej, puis celle de Tarek Jermouni, prêté au club de Dinamo de Kiev. Ses qualités : maître dans sa surface, très fort dans sa cage, et c’est aussi quelqu’un qui est doté de très bons réflexes. Ce qui est rassurant. Autre qualité, rare chez nos gardiens d’aujourd’hui : le jeu de pieds. «Je me rappelle quand il était avec nous au RAC, il assurait le poste de libero dans les séances d’entraînement. Je lui consacrais une séance par semaine pour lui permettre de développer cet aspect là », confie l’entraîneur du RAC. Pour la petite histoire, Lemyaghri avait disputé son premier match en Coupe du Trône lors de la saison 97-98, alors qu’il ne s’attendait pas. « Je l’ai convoqué et il était surpris. Il a joué et nous avons gagné cette rencontre », lance Mendoza. Pour l’avoir côtoyé pendant plusieurs saisons, Mendoza connaît très bien Lemyaghri, le joueur, mais aussi l’homme. « C’est quelqu’un de poli, de discipliné, de rassembleur, et c’est aussi quelqu’un qui respecte ses dirigeants », conclut Mendoza.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *