Ligue des champions : Mourinho le grand perdant

Ligue des champions : Mourinho le grand perdant

La Coupe du Roi masque à peine la faillite: Mourinho, qui avait tout raflé avec l’Inter Milan la saison dernière, doit reconnaître cette saison la supériorité de Barcelone, qualifié mardi pour la finale de la Ligue des champions et tout près du titre en Liga. La saison du Real a pris fin mardi avec une élimination de la plus grande compétition européenne de clubs face à son plus grand rival, le FC Barcelone. Il reste encore quatre journées de Championnat à jouer mais le Real ne peut plus être repris par le troisième, Valence, relégué à 17 points. Quant à rejoindre le Barça, devant à huit points, cela semble utopique. «De tous les championnats que j’ai disputés, les saisons complètes avec mes équipes (Porto, Chelsea et Inter), je n’ai terminé deuxième qu’une seule fois, lors de ma troisième saison à Chelsea. Je suis ici pour terminer premier», avait lancé Mourinho en février. Que retenir alors de la première saison de «Mou» au Real? Un titre, la première Coupe du Roi du Real depuis 1993, une demi-finale de Ligue des champions, la première depuis 2003, et une montagne de déclarations et de dérapages, calculés ou non. Les dirigeants du Real, désireux de véhiculer une image de club de gentlemen, n’ont pas toujours dû apprécier les «sorties» de l’entraîneur portugais. Mais ils ont fait bloc derrière. Ce qui a fait dire il y a quelques jours à l’ancien président Ramon Calderon que Mourinho était «actuellement, le patron du club». «Il n’y a personne au-dessus de lui.»
«Nous n’avons pas recruté Mourinho pour nous faire des amis mais pour que l’équipe soit championne», avait déclaré en novembre le dirigeant du Real Emilio Butragueño. Quelques jours plus tard, Mourinho subissait la plus lourde défaite de sa carrière, infligée par le Barça au Camp Nou. La fameuse «manita» (5-0). Un résultat qui a considérablement écorné son image de grand tacticien et qui a marqué toute la saison. Même si le Real a réussi à prendre le dessus en Coupe du Roi. Au-delà des résultats, le «style» Mourinho n’a pas plu à tout le monde à Madrid, où il faut bien jouer en plus de gagner. Le mythique Alfredo Di Stefano, gloire du club et président d’honneur, s’était montré très critique après le match nul arraché en Liga à domicile (1-1): «Le Barça est le lion et Madrid la souris. Le Real Madrid a été acculé par un rival qui l’a dominé en milieu de terrain tout au long de la partie.» Un observateur extérieur de renom a encore moins épargné la «Mou team». «Heureusement que les méthodes destructives de Mourinho, à savoir uniquement provoquer et détruire les actions de l’adversaire, n’ont pas fonctionné», écrivait récemment Ottmar Hitzfeld, vainqueur comme Mourinho de deux Ligues des champions avec deux clubs différents. «Une telle façon de jouer ne correspond pas aux exigences du Real, c’est même une honte pour le Real Madrid. Elle porte atteinte au renom et à l’image de ce club légendaire», assénait l’ancien entraîneur de Dortmund et du Bayern Munich. Mourinho a récemment élargi son cercle «d’ennemis» à l’UEFA, accusant l’instance européenne du football d’avoir favorisé le Barça ces dernières années. Il sera fixé vendredi sur son sort après des «déclarations inappropriées.» Une sanction lourde serait une défaite personnelle de plus cette saison pour le plus médiatique des entraîneurs.

  Sébastien Guinã (AFP)

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