L’Inter Milan réussit le triplé

L’Inter Milan réussit le triplé

L’Inter Milan de José Mourinho a réussi un retour fracassant au sommet du football mondial en remportant la Ligue des champions contre le Bayern Munich (2-0) samedi à Madrid, signant un fabuleux triplé après avoir gagné le championnat et la Coupe. Deux buts de l’Argentin Diego Milito (35, 70) ont donné à l’Inter le trophée que son club attendait depuis 45 ans et son doublé en C1 en 1964 et 1965, les années du "catenaccio" d’Helenio Herrera. Son lointain successeur, "Mou" a remporté sa deuxième C1, après sa victoire à la tête du FC Porto en 2004, et conforté l’idée qu’il était le "Special One". Les cinq étages bleus et noirs du stade n’ont pas manqué de chanter le nom de l’entraîneur portugais. Il a remporté le duel des maîtres tacticiens grandes gueules contre son mentor, Louis van Gaal, avec qui il avait appris le métier à Barcelone à la fin des années 1990. Et il a gagné dans un stade Santiago-Bernabeu qui l’attend peut-être, tant le Real Madrid lui fait les yeux doux pour l’année prochaine. Le Portugais rejoint Ernst Happel (Feyenoord 1970 et Hambourg 1983) et Ottmar Hitzfeld (Dortmund 1997 et Bayern 2001), les seuls jusqu’alors à avoir remporté la C1 à la tête de deux clubs différents. Son Inter a débloqué le match grâce à un but d’"El Principe" Milito, sur une action menée à deux avec Wesley Sneijder, où la charnière munichoise, Daniel van Buyten-Martin Demichelis, a paru aussi lente que deux pétroliers à la manœuvre. La faiblesse du Bayern était bien là. Le but a été initié par un dégagement du gardien Julio Cesar: déviation de la tête de Milito, remise en profondeur de Sneijder, et ballon piqué au-dessus de Butt. Le Bayern tenait pourtant un peu plus et un peu mieux le ballon, et l’Inter ne procédait guère que par longs ballons. Milito a ensuite signé le doublé, comme Pipo Inzaghi lors de la dernière victoire milanaise en C1, quand l’AC Milan a battu Liverpool (2007). Le dernier membre du trident offensif, Samuel Eto’o, qui avait marqué lors de chacune de ses deux finales avec le Barça (2006 et 2009), n’a pas réussi un grand match, mais le voilà triple champion d’Europe. En toute fin de match, le mythique Marco Materazzi, seul Italien sur le terrain, a eu droit à quelques minutes de jeu en remplacement de Milito. Les deux joueurs ont eu droit à un triomphe.

 Emmanuel Barranguet (AFP)

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