L’ultime combat de Khellafi

L’ultime combat de Khellafi

Driss Khellafi a une belle histoire à raconter à ses petits-enfants plus tard. Une sorte de conte de fée qu’il vit depuis une vingtaine d’années. Oujdi de pure souche, ce fils d’immigré a vite fait de rejoindre son père en France, en compagnie de sa mère et de ses frères et soeurs. Il avait alors sept ans, mais avait déjà le sens de la responsabilité. « J’étais l’homme de la maison, mon père étant absent plusieurs mois par an ». Une responsabilité qui a grandi en arrivant à l’Hexagone. «Pour le jeune garçon que j’étais, découvrir un nouveau monde était fascinant. Mais il y avait un revers à la médaille. Celui de la délinquance et du rejet d’une double identité. J’ai vu beaucoup de jeunes immigrés «sombrer». Le sport m’a sauvé».
Adolescent, le jeune Driss s’est découvert une passion pour l’activité physique, toutes disciplines confondues. Mais c’est surtout le football qui l’attirait à cette période. «J’ai même joué en Premier League, pour le compte d’un club de la quatrième division », précise fièrement celui qui a étreint plusieurs titres de champion du monde, mais dans un sport, non moins passionnant, le kick-boxing. C’était le coup de foudre. « Un jour, je me suis rendu dans une salle de boxe pour rencontrer un ami. Mes yeux sont tombés par hasard sur une paire de gants. Je les ai mis et j’ai essayé quelques coups. Je ne m’en suis jamais séparé ». De cette histoire d’amour est née une multitude de titres nationaux, européens et mondiaux. Après s’être affirmé en France et en Europe, Driss Khellafi, plus amitieux que jamais, s’est lancé à la conquête de sa première ceinture de champion du monde.
C’était en 1996, année qui a connu son premier titre de champion du monde. C’est également l’année qui a connu le début d’une autre histoire d’amour, entre un jeune boxeur avide de titres mais manquant de moyens et un géant mondial des cosmétiques. Trois mois passés en tant que vigile dans un magasin Marionnaud à Paris ont constitué le début. A la fin de son contrat à durée limitée, il décide de rencontrer le « grand boss », Marcel Frydman, PDG de Marionnaud. Le jeune boxeur lui demande tout simplement de le sponsoriser, ce que l’homme d’affaires n’hésite pas une seconde à accorder. « Au fur et à mesure que je boxais pour Marionnaud, les titres mondiaux affluaient et la société s’agrandissait. Je lui ai en quelque sorte porté chance », estime le boxeur. L’associé athlète va vite se transformer en associé tout court. Quand Driss Khellafi a décidé de faire un retour à son pays d’origine, c’est tout de suite à Marionnaud qu’il a pensé. « Je voulais créer le plus grand espace de beauté et d’esthétique de toute l’Afrique. J’ai exposé mon projet à M. Frydman qui a émis quelques réserves mais l’a finalement approuvé ».
Au bout de deux années de dur labeur, le fruit de cette détermination a été inauguré le 9 juillet à Casablanca. Driss Khellafi est devenu directeur de développement de Marionnaud Maroc. Homme d’affaires comblé, il aspire à faire une grande sortie du monde du sport, où il a longtemps brillé mais qu’il a momentanément oublié. La date du retour a été fixée pour 25 septembre prochain à Agadir pour un ultime combat comptant pour le championnat du monde. Avec 9 kg en moins et des heures d’entraînement, il y arrivera peut-être.

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