Malédiction sur les têtes de série

André Agassi et Carlos Moya quittent Roland Garros après avoir été éliminés par des presque inconnus. Couronné en 1999, Agassi était impuissant, malgré sa longue expérience, face au jeune Argentin Guillermo Coria, qui s’est imposé au bout du compte en quatre manches (4-6, 6-3, 6-2, 6-4).
Coria n’en est qu’à sa troisième participation à Roland-Garros et il n’avait jamais réussi à franchir le cap de la première semaine. Depuis sa suspension pour usage de nandrolone il y a deux ans, l’Argentin, dont les progrès météoriques sur terre battue sont évidents, a prouvé qu’il avait l’étoffe d’un grand champion.
Pour sa part, Carlos Moya, qui a remporté le titre en 1998, a fléchi sous les véritables boulets de canon que sont les services du Néerlandais Martin Verkerk, au terme d’un match époustouflant, où le suspense est gardé intact jusqu’au bout. La rencontre s’est déroulée en cinq manches et s’était soldée par le score de 6-3, 6-4, 5-7, 4-6, 8-6.
Classé 46e mondial, Verkerk visite Roland-Garros pour la première fois de sa carrière. Il n’avait jamais remporté le moindre match en Grand Chelem et un combat en cinq sets lui était totalement inconnu. Il a cependant mené sa rencontre contre Agassi de main de maître, de la façon dont le ferait un vieux routier.
Les simples Dames ont, quant à eux, connu un maintien rigide de la hiérarchie. Amélie Mauresmo a signé le plus beau fiasco de toute sa carrière face à l’Américaine Serena Williams, qui l’a sérieusement malmenée lors d’un match qui a duré, somme toute, 64 minutes, et qui s’est achevé par un score de 6-1, 6-2.  La prestation de Mauresmo était tout simplement catastrophique, comme le fut d’ailleurs son entrée en matière. Elle connut un 4-0 après deux jeux blancs et deux breaks en une dizaine de minutes de jeu, marquées par trois doubles fautes et trois points en sa faveur en tout et pour tout. Désormais, seule l’une des deux Belges, Justine Henin-Hardenne ou Kim Clijsters, têtes de séries N.4 et 2, semble en mesure de mettre un terme à la marche du rouleau compresseur Serena Williams, N.1 mondiale, vers un cinquième titre d’affilée en Grand Chelem. Nadia Petrova est également une presque inconnue qui ne passera plus inaperçue. Classée 76e à la WTA, la jeune de 20 ans n’a encore aucun titre à son actif. En quarts de finale, elle a battu sa compatriote Vera Zvonareva et décroché son ticket pour la demi-finale contre la Belge Kim Clijsters, tête de série numéro 2. Elle est la première Russe à franchir le cap des quarts de finale à Roland Garros depuis une certaine Olga Morozova en 1975.  Aux côtés de Martin Verkerk, Nadia Petrova est la seconde invitée surprise aux demi-finales de cette édition. Le talent dont ces deux stars montantes ont fait preuve risque de créer des surprises bien plus énormes.

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