Mali ou l’effet Coupe d’Afrique

Le Mali, pays pourtant pauvre, a misé gros, des dizaines de millions d’euros, pour réussir la plus grande fête footbalistique du continent africain. Rien que du côté de l’Etat malien, environ 60 milliards de fcfa ont été déboursés, soit l’équivalent de 91,5 millions d’euros. Auxquels il faut ajouter les travaux d’infrastructures, les dépenses d’hébergement, de transport, de télécommunications… En tout, l’investissement s’élève à 120 milliards de fcfa, soit 183 millions d’euros. Chose que les institutions financières internationales n’ont pas appréciée. En revanche, pour les autorités locales, il ne s’agissait nullement de dépenses ostentatoires, mais, plutôt, de projets de développement rentables à long terme. Il est clair que le pays organisateur de la 23e CAN ne pouvait, à lui seul, supporter toute cette enveloppe.
Autrement dit, le président Alpha Oumar Konaré a dû recourir à l’aide financière de ses partenaires traditionnels. Outre le Maroc et la France, la Chine et l’Afrique du Sud ont également mis la main à la poche. Sur le terrain, l’Etat malien a procédé à la construction de cinq nouveaux stades, de 12.000 à 50.000 places, dans les cinq villes où auront lieu les différentes rencontres : Bamako, Ségou, Sikasso, Mopti et Kayes. Aussi, de nouveaux aéroports ont vu le jour. Ils viennent s’ajouter à d’autres réhabilités. Le tout pour accroître la capacité d’accueil. Si le Mali a beaucoup investi, c’est qu’il s’attend à des retombées financières très importantes. Avant même que le coup d’envoi de cet événement ne soit donné, la retransmission télévisée et radiodiffusée des matches a fait l’objet de surenchères. Ainsi, pour obtenir ces droits, la radio panafricaine avait déboursé pas moins de 50.000 dollars. Concernant, la retransmission télévisée, c’est le groupe français de Jean-Claude Darmon qui en détient les droits jusqu’en 2008. Au Mali, on table déjà sur des recettes respectables en terme de publicité sur la télé. Mais la bonne affaire est à mettre à l’actif des opérateurs du secteur hôtelier, avec un chiffre d’affaires de centaines de millions de FCFA. Les agences de location de véhicules se frottent les mains.
« Surtout à cause de l’allègement des droits de douane, nous avons importé des véhicules. Les centaines de millions vont tomber », explique un opérateur de la place. Dans le domaine des hydrocarbures, on s’attend au triplement de la consommation mensuelle de carburant. «La Coupe d’Afrique des Nations est une très bonne affaire », résume un pétrolier. L’économie parallèle, elle aussi, aura sa part du gâteau, notamment les petits bistrots et les commerces tenus par des Maliens, mais aussi par des ressortissants d’Afrique de l’Ouest venus pour l’occasion. Non soumis à de lourdes taxes, ils espèrent tirer un profit maximum de l’opération.

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