Manaudou, une nageuse hors pair

Manaudou, une nageuse hors pair

Avec quatre titres individuels, un record du monde et un d’Europe, Laure Manaudou a survolé les épreuves où elle excelle, mais elle a également exploré d’autres spécialités. Agée de moins de 20 ans, elle affiche un palmarès quasiment complet sur 400 m nage libre : championne olympique, championne du monde, deux fois championne d’Europe (2004, 2006), recordwoman du monde (4:02.13)… Cette « extra-nageuse » est intouchable et il ne lui manque que la couronne mondiale en petit bassin.
Tous ces honneurs pourraient suffire à faire son bonheur. Seulement, Manaudou en redemande. Compétitrice hors pair, elle est insatiable et perfectionniste, elle en veut toujours davantage. Et pas seulement sur sa distance fétiche, ce 400 m NL qu’elle appelle affectueusement: "Ma course". C’est donc pour tenter d’autres aventures qu’elle s’est alignée sur d’autres courses. Avec succès sur sa spécialité initiale, le 100 m dos (bronze olympique 2004 et or européen en 2004 et 2006) puis le 800 m NL (argent olympique et or européen 2006, plus record d’Europe en 8:19.29). Mais pour continuer à avancer, Manaudou, qui aligne quelque 3000 km à l’entraînement par an, est allée voir ailleurs. Comme sur 400 m 4 nages (18e) et 200 m 4 nages (or). Sur la brasse, ou sur 200 m NL (bronze), en dépit d’une certaine réticence, elle n’a pas hésité à se mettre en danger. «Laure a tout gagné. Elle doit se trouver des défis», constate le Directeur technique national (DTN) Claude Fauquet. «C’est la marque des grands champions. Ils se cherchent de nouveaux objectifs», ajoute-t-il, prenant comme exemple l’Américain Michael Phelps. Arrivée en Hongrie avec l’espoir de six victoires individuelles, Laure Manaudou a fini sa première journée sur un échec au 400 m 4N qui aurait pu lui donner quelques complexes. Et lui rappeler ses déboires lors des Mondiaux-2005. Totalement stressée, elle avait failli manquer sa qualification sur 400 m NL avant de signer une belle victoire en finale.
Le soulagement d’avoir confirmé sa victoire olympique a changé Manaudou. Depuis lors, elle donne l’impression d’être devenue une autre. Au sein de l’équipe de France, sur les plots de départ et sur les podiums, elle apparaît comme libérée, heureuse, souriante, sûre d’elle. Aussi après son 400 m 4N, a-t-elle vite zappé. Elle a expliqué qu’elle découvrait cette distance et a rebondi, ailleurs, avec un talent inouï.  Sur le 800 m NL, elle est longtemps restée dans les eaux de la vieille marque mondiale de l’Américaine Janet Evans qu’elle a  chassée des tablettes du 400 m NL en mai. Auteur de 4:05.73 à mi-course, Laure Manaudou a laissé l’encadrement français pantois. «Elle explore. Elle invente des types de courses que les autres ne font pas», analyse le DTN, avouant avoir été "scotché" par sa succession du 200 m 4N, 100 m dos et 4×200 m NL de jeudi et par la maîtrise parfaite de son 400 m NL dimanche. Décidée à succéder à l’Ukrainienne Yana Klochkova sur le quatre nages et à continuer à s’inviter au 200 NL, Manaudou envisage de rééditer son marathon lors des Mondiaux qui se dérouleront en mars à Melbourne. En revanche aux J.O. de Pékin-2008, elle a indiqué qu’elle limiterait sa participation à ce qu’elle sait faire. Cette prudence n’altère en rien l’idée qu’elle garde enfouie dans un coin de sa tête. Celle d’être la première femme à descendre sous les quatre minutes sur le 400 m NL. Au rythme où elle progresse, c’est sûrement un pari à sa mesure. Pour 2007 ou 2008.

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