Manchester s’achemine vers son 17ème sacre

«On va être champion parce qu’on est l’équipe la plus régulière», lâchait Arsène Wenger avant ce match crucial. Cette fanfaronnade risque de faire ricaner à ses dépens. Arsenal est en train de prouver qu’on peut ne pas être sacré en étant l’équipe comptant le moins de défaites (celle de Stamford Bridge étant la deuxième), en ayant occupé le fauteuil de leader durant 23 journées et en comptant cinq points d’avance début février. Par la faute d’un manque de maturité évident, d’une baisse de régime inévitable pour un effectif moins étoffé que celui de ses concurrents, Arsenal, qui n’a plus gagné en Championnat depuis plus d’un mois, compte six longueurs de retard sur Manchester et une bien moins bonne différence de buts. Surtout, pour la première fois depuis la troisième journée, ils ne sont pas dans les deux premiers, dépassés d’un point par Chelsea. Quand Bakary Sagna est venu au premier poteau couper un corner de la tête (59), les Gunners ont cru prendre la forteresse Stamford Bridge, inexpugnable depuis 77 matches de Championnat. Mais un doublé du héros du peuple Blues, Didier Drogba, est venu ruiner ces rêves (72 et 81). Cette défaite est venue rappeler que s’il est un formidable découvreur de talents, s’il professe une plaisante philosophie de jeu, Wenger n’est pas un maître tacticien dans les grands matches. Dimanche, il n’a pas su répondre aux problèmes qu’ont causé à son équipe l’entrée de Nicolas Anelka aux côtés de Drogba. Depuis plusieurs mois, la rencontre qui semblait devoir être décisive était celle entre Manchester et Arsenal le 13 avril. Ce pourrait finalement être, deux semaines plus tard à Londres, celle entre les Red Devils et Chelsea. «On est encore là», prévient Drogba, dont l’équipe a un calendrier favorable. Les Blues sont un mystère. Leur entraîneur Avram Grant est contesté au sein même du vestiaire, on les dit en crise permanente. Mais sans faire de bruit, ils restent en position de récupérer une couronne abandonnée l’an dernier. L’équipe d’Alex Ferguson reste toutefois la favorite à sa succession. Non seulement à cause de son capital, mais aussi de sa «maturité», louée par l’entraîneur, et de la qualité de son jeu montrée face à Liverpool. Certes, elle a tiré profit de deux erreurs de Pepe Reina sur des centres, devant Wes Brown (34) et Cristiano Ronaldo (79), et surtout de l’exclusion de Javier Mascherano pour contestation (44). Mais même à onze, Liverpool n’a jamais donné l’impression de pouvoir se hisser au niveau des locaux. «Au final, je ne pense pas que l’exclusion ait changé la donne », lâchait Wayne Rooney, quelques minutes après le troisième but, inscrit par Nani (81). Ferguson refuse toutefois de crier victoire. «Cela pourrait se jouer lors du dernier match».

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