Maradona, destin tragique d’un génie

Diego Armando Maradona, s’inscrit dans la lignée des mythes tragiques de l’Argentine, de ces destins qui, de Carlos Gardel à Carlos Monzon en passant par le « Che » Guevara et Eva Peron, virent à la légende sous l’effet du drame, comme dans un tango. À 43 ans, le « Pibe de oro », devenu obèse, lutte une nouvelle fois contre la mort sur un lit d’hôpital de Buenos Aires après une grave crise cardiaque. Malgré ses excès, il a conservé toute la tendresse d’un peuple qui le sait malade, cherchant vainement dans la cocaïne les moyens d’être à la hauteur de son image.
Dès l’annonce de son hospitalisation, des dizaines de portenos (habitants de Buenos Aires) se sont attroupés devant la clinique avec drapeaux et pancartes à la gloire de celui qu’ils vénèrent comme un héros romantique, comme le meilleur joueur de football de tous les temps. L’hommage rappelle celui réservé à d’autres idoles populaires qui ont déchaîné les passions et atteint aux sommets de la renommée avant de connaître, encore jeunes, l’infortune ou la déchéance. Et la mort. Lorsqu’il s’était lancé dans une lutte à la Don Quichotte contre les édiles de la Fédération internationale (FIFA) pour défendre les droits des joueurs, Maradona avait été comparé à Eva Duarte, l’épouse du dictateur Juan Domingo Peron qui, dans l’après Deuxième guerre mondiale, s’était muée en « Madone des déshérités », bataillant en leur nom contre l’oligarchie, l’armée et les grands propriétaires terriens. Idoles Eva est morte jeune, à 33 ans, en 1952, d’un cancer qui a propulsé dans la légende une femme d’humble origine sociale ayant fasciné les foules et atteint aux plus hautes fonctions politiques. Maradona, né lui aussi dans une banlieue industrielle de Buenos Aires, a fait rêver des millions de fans par la magie d’un pied gauche sachant apprivoiser un ballon rond.
Carlos Gardel, l’ange du tango, le rossignol dont, aujourd’hui encore, on dit à Buenos Aires que « chaque jour, il chante mieux », a, lui, été fauché en pleine gloire, en 1935, victime à 45 ans d’un accident d’avion en Colombie. Plusieurs millions de personnes ont envahi les rues de la capitale argentine lors des funérailles de Gardel et, plus tard, celles d’Evita.

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