Maroc 2010, l’espoir contrarié

Maroc 2010, l’espoir contrarié

Déception totale d’autant plus que tous les Marocains, contrairement aux autres candidatures, y croyaient beaucoup. Des trois dossiers présentés par le Maroc (94, 98 et 2002), jamais la candidature marocaine n’a été aussi solide aussi bien sur le plan technique que financier.
Saâd Kettani, président de l’association Maroc-2010, en avait fait son cheval de bataille, rappelant, à chaque fois que l’occasion se présentait, que le Royaume avait raté de justesse l’occasion d’abriter cette compétition planétaire en 1994 face aux Etats-Unis. Vantant les réformes entreprises et les efforts de libéralisation économique déployés par le Maroc dans différents domaines, Kettani voulait séduire les pays votants. Et il a réussi à avoir le soutien de plusieurs grandes nations footballistiques, telles la France et l’Espagne. Mais c’était peu suffisant pour espérer décrocher l’organisation de la Coupe du Monde 2006.
Faute de lobbies, le Maroc n’a pas réussi à tenir la dragée haute au pays de Nelson Mandela, fort du soutien des pays de l’Amérique latine, de l’Europe et de l’Amérique du Nord et même ceux qui avaient promis de voter Maroc. Coupe du Monde 2010 ratée et les enseignements tirés, le Maroc veut se rattraper à travers l’organisation de la CAN 2010 et d’autres manifestations footballistiques internationales.
L’annonce a été faite, la semaine dernière, par le secrétaire général de la Fédération royale marocaine de football, Mohamed Ammor. Après avoir ouvert le chantier de la restructuration du football national, le bureau fédéral veut maintenant attaquer celui de l’organisation d’événements à dimension internationale, comme la Coupe Hassan II qui, selon lui, devrait avoir lieu avant chaque édition de la Coupe du Monde pour permettre la participation des grandes nations du ballon rond mondial. Outre la promotion de l’image du football national, la nouvelle stratégie du bureau fédéral vise à nouer des contacts avec les représentants des autres fédérations dans l’esprit de développer le côté représentativité du Maroc au sein des instances africaines et internationales. L’idée est pas mal. Seulement voilà, elle vient un peu tard.
Des événements, comme la Coupe Hassan II, notre pays en a connu quelques-uns, pour ne citer que la Coupe Mohammed V et qui a connu la participation de plusieurs grands clubs comme le FC Barcelone et l’Etoile Rouge de Belgrade… Mais, faute d’une politique de continuité, nos dirigeants n’ont pas su capitaliser tous ces acquis. Quant à la Coupe d’Afrique des Nations, le Maroc est l’un des rares pays à avoir abrité une seule fois cette compétition. C’était en 1988, à l’initiative de feu Abdellatif Semlali, soit douze ans après avoir remporté le premier et le dernier sacre africain.

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