Marocaine et fière de l’être

9h30, Royal tennis club de Marrakech. Une ambiance festive règne sur les lieux. Et pour cause, la championnat national individuel, toutes catégories confondues. Des jeunes et moins jeunes, des parents de familles, sont venus des quatre coins du Maroc pour prendre part à cet événement. C’est dans ce cadre purement tennistique qu’on a rencontré l’une des symboles même de ce sport au pays, Bahia Mouhtassine.
Difficile de la reconnaître tellement elle excelle dans l’art de se fendre dans la foule. Le Royal tennis club, elle ne connaît que trop bien. Elle s’y entraîne depuis voilà trois ans, 5 heures par jour. Son entraîneur, manager et compagnon de route, Brahim Bertaï, ne la quitte pas d’une semelle. Plus qu’un tandem de choc, ils sont fiancés et leur mariage est prévu pour l’été prochain.
Bien avant d’en arriver là, Bahia a eu son premier contact avec la petite balle jaune quand elle avait l’âge de neuf ans au sein du RUC de Casablanca. Après son brevet, elle a eu le choix entre ses études ou une carrière professionnelle incertaine dans le tennis. Tant il est vrai l’impossibilité de réconcilier entre les deux. Elle avait quinze ans à l’époque. Les résultats se sont faits attendre, mais la consécration était sûrement au bout chemin. Championnat arabe, championnat d’Afrique et bien entendu, le championnat du Maroc.
Des titres qu’elle n’a pas trop de mal à glaner dans la catégorie Juniors. Après la sacre africain, Bahia se voit sélectionnée parmi l’équipe de la fédération internationale, qui l’avait prise en charge. Classée parmi les dix meilleures tenniswomen dans cette catégorie, Mouhtassine choisit alors de jouer dans la cour des grands. « J’ai tout d’abord commencé à disputer de petits tournois, les prix ne dépassaient guère les 10 000 dollars. Au fil des compétitions, mon classement s’améliorait et je me suis mise à disputer des compétitions de plus en plus importantes. Je peux actuellement évoluer dans tous les grandes rencontres mondiales de tennis. Mais je suis loin d’avoir atteint mes véritables objectifs ».
En l’espace de trois ans en seniors, Bahia a réussi à remporter le championnat d’Afrique, la médaille d’or des Jeux méditerranéens, l’Open du Caire et a joué la finale de l’Open de Manchester en Angleterre, s’est qualifiée à l’Open d’Australie et a passé le premier tour du Tournoi de Doha. Mais elle ne compte pas s’arrêter là. «actuellement je suis 137e. Mon ambition à cours terme est d’être dans le top 100 d’ici le prochain Roland Garros. Pour cette année, je compte passer parmi les 60 premières au classement WTA».
La volonté d’aller toujours de l’avant ne manque pas mais le manque de sponsors a toujours constitué une entrave majeure pour la jeune Bahia. «C’est très difficile de réussir une carrière professionnelle quand les moyens font défaut. Il en faut énormément pour pouvoir voyager chaque semaine. On a déposé des dossiers partout sans trouver de réponse pour l’instant. Brahim m’est d’un très grand soutien à ce niveau. Heureusement qu’il est là ». Les propositions qui lui ont été faites par le Qatar avait soulevé des rumeurs sur un éventuel changement de nationalité.
Bahia Mouhtassine reste catégorique. « C’est vrai que j’ai eu deux offres du Qatar. La première est de changer de nationalité et d’évoluer pour le compte de ce pays. La deuxième est de jouer avec un sponsor qatari. Il n’en est pas question. Je suis Marocaine et fière de l’être. C’est pour ma nation que je veux jouer». Mais Bahia est consciente que le temps d’une carrière sportive est trop court. Après, ce sera dans les affaires qu’elle a envie de se lancer, à l’image d’une certaine Steffi Graf, le modèle à suivre pour Mouhtassine.
Quand Bahia ne joue pas, elle préfère se relaxer et écouter de la musique. La guitare acoustique est son instrument favori.
C’est justement avec sur une note positive que Bahia Mouhtassine continue son chemin. Le meilleur est à venir et ce n’est pas qu’une chanson.

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