Mémoires d’un gorille

Mémoires d’un gorille

Le dernier tournoi de catch s’est déroulé deux ans de cela, dans la salle couverte du Complexe sportif de Mohammed V. Il a été organisé à l’initiative de Mohamed Labdi Ibnou Zouheir, ex-organisateur, ex-catcheur et actuel président de la Confédération africaine de lutte. Ce tournoi mis à part, on aurait cru que le catch a carrément disparu. Pourtant, il est tôt de porter un jugement, tant les amoureux de ce sport sont encore parmi nous. Catcheur invétéré, Abdelhadi Mimi, plus connu par son pseudonyme « Amimi le gorille », en est la preuve. Natif de Casablanca en 1943, il a fait ses débuts en lutte à l’âge de 14 ans. À 17 ans, il fut sélectionné pour les jeux Olympiques de Rome en 1960, mais il n’a participé à aucun combat vu son bas âge. Malgré tout, Amimi garde de très bons souvenirs. C’est bel et bien lui, avec certains de ses camarades, qui ont soufflé à notre athlète, feu Abdeslam Padi, qu’il lui restait encore un tour de piste à faire alors que ce dernier s’est arrêté croyant que c’était l’arrivée. Ce fut un moment historique car feu Padi a continué à courir pour décrocher la fameuse médaille d’argent en 1960. C’était d’ailleurs la première médaille du Maroc, avant celles de Saïd Aouita et Nawal Al Moutawakil. Agacé par le règlement de la lutte, Amimi cherche le spectacle et opte pour le catch en 1963. Cependant, Amimi a participé à quelques combats et fut baptisé Amimi le gorille. Au Maroc, il n’y avait pas de salle couverte comme c’est le cas aujourd’hui, mais le Palais de la foire, les arènes, le cinéma Vox, le théâtre Cervantes de Tanger, Souk Al Gharb, Agadir, El Jadida, Ouarzazate. Au stade municipal, toutes ces aires ont rempli leur contrat d’accueil dans les meilleures conditions. «Le public du catch représentait à l’époque un réel danger pour le football, feu Ahmed Antifi, l’ex-président de la FRMF, était en contact permanent avec la FRM de catch de manière à décaler la programmation du catch avec le football », explique notre catcheur. Amimi a joué en tant que catcheur professionnel en Espagne et au Liban pendant une année. Amimi a évolué avec des catcheurs tels que Houcine Riad, très connu par ses coups de tête terribles, Soussi le marin, le voltigeur, Antar la perle noire, Labdi Ibnouzouheir, l’élégant, Haj Fennane, Emir Layaehi – l’Oujdi, Bob Zaâ – Frani, Khalifa, feu Haj Mustapha Lhabti, Mustapha Chikhane l’Égyptien, Tawal l’Indien, le bourreau de Butine de l’Espagne, pour ne citer que ceux-là. Amimi possède un palmarès éloquent avec plusieurs médailles et diplômes. En ce qui concerne l’organisation, elle était l’apanage alternatif de Haj Labdi, Haj Fennane, Mansouri et Mahmoud un Algérien. Amimi le Gorille souhaite la relance du catch au Maroc pour que la génération actuelle ne se contente pas de voir ce sport uniquement à travers la parabole mais puisse vivre toutes les séquences sur le ring. Quant au surnom de gorille, Amimi l’a contracté car il faisait des grimaces typiques du gorille, allant même jusqu’à manger des cacahuètes sur un ring en Espagne, lors de la rencontre qui l’a opposée à l’Ange Blanc, ce qui a amusé plus de 6000 spectateurs à Madrid. Un souvenir qui sera à jamais gravé dans la mémoire de Adbelhadi Amimi, puisqu’il a reçu un nombre important de cadeaux après ce combat qu’il a remporté avec brio.

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