Menez et les quatre jours qui ont tout changé

Menez et les quatre jours qui ont tout changé

Remplacé à dix minutes de la fin de la rencontre de Ligue des champions face à Bordeaux (2-0) mardi, l’ex-joueur de Sochaux et de Monaco a eu le droit aux applaudissements nourris des tifosi du stade Olympique au son d’un «olé, olé, olé, Menez!» inédit mais désormais appelé à la redite.
Pourtant, quelques jours auparavant, nombre d’entre eux se demandaient s’il n’était pas un «bidone», un qualificatif moqueur employé pour les joueurs recrutés sur la foi de réputations flatteuses mais qui disparaissent très vite des feuilles de match faute d’avoir jamais montré leur talent supposé. Menez, arrivé à Rome au dernier jour d’août, a en effet connu des débuts difficiles. Ses premières apparitions – dans une équipe qui, il est vrai, traverse alors une profonde crise – sont décevantes. De plus en plus souvent sur le banc, il se demande même après trois mois s’il ne vaut pas mieux partir. Luciano Spalletti, qui a toujours dit beaucoup compter sur le jeune garçon, refuse. «Je veux jouer davantage, raconte-t-il après le match contre les Girondins. Mais j’ai eu une discussion avec l’entraîneur et il m’a dit qu’il était hors de question de me laisser partir».
Et puis, samedi dernier, tout s’accélère: profitant de la blessure du l’attaquant Vucinic, il retrouve une place de titulaire face au Chievo à Vérone. Accélérations, dribbles, feintes, frappes: il montre tout, décidé à ne pas laisser passer sa chance. Sans conteste le meilleur de son équipe, il inscrit en plus le but de la victoire (1-0) d’une belle reprise de volée. «Le coach m’a fait confiance et le match contre le Chievo m’a libéré», assure-t-il. Logiquement, il est à nouveau aligné d’entrée contre Bordeaux. Après avoir initié plusieurs actions dangereuses, il offre une passe décisive à Totti sur le 2e but (79), celui qui scelle définitivement la qualification des Romains pour les huitièmes de finale. «Le but, c’est pratiquement lui qui l’a fait», souligne ensuite le buteur et capitaine tandis que Spalletti n’est pas avare de compliments: «Il doit encore progresser et être plus régulier, mais au niveau de la technique et de la rapidité, il me rappelle Kaka. En Italie, il y a très peu de joueurs capables d’avoir cette qualité à une telle vitesse. Dans les soixante (derniers) mètres, c’est une balle de fusil».

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