Mohamed Abderrahmane Berrada : «Il n’est nullement question que je redevienne président comme je le fus déjà il y a quelque 30 années»

Mohamed Abderrahmane Berrada : «Il n’est nullement question que je redevienne président comme je  le fus déjà il y a quelque  30 années»

ALM : Quel constat faites-vous de la situation ridicule où se débat le basket-ball national?
Mohamed Abderrahmane Berrada : Je vous dis que c’est avec amertume et grande déception que je constate la situation actuelle du basket dans notre pays. Il n’est pas normal de voir que le championnat n’a pas encore commencé, que l’équipe nationale ne s’est pas réunie, qu’elle ne va peut-être pas participer au rendez-vous du Caire. Je considère que les joueurs, tout à fait innocents, sont pénalisés et privés de pratiquer le sport qu’ils ont choisi et qui pour certains constitue, non seulement une passion, mais également et surtout une profession (un gagne-pain). Cette situation est d’autant plus regrettable que les antagonistes sont des gens merveilleux, sérieux, et constituent pour la plupart un véritable acquis pour le baskett national. Je pense aux responsables actuels de la fédération qui se sacrifient pour présider, bénévolement et avec conviction, aux destinées de la FRMBB. Je pense également à ces présidents de club (qui se trouvent dans l’opposition) et qui ont aussi le mérite de résister et d’affronter au jour le jour de véritables problèmes d’ordres matériel et logistique pour satisfaire leurs joueurs et pour participer à faire évoluer le basket marocain.

Quel est, à votre avis, le remède à prescrire pour cette fédération qui bat de l’aile ?
Lorsque j’ai pris connaissance des problèmes qui paralysent ce sport et compte tenu de mes relations permanentes avec les uns et les autres, j’ai pu arriver à une conclusion, à savoir la mise en place d’un comité de «sages». Celui-ci procèdera durant une période limitée à rétablir le courant entre les parties en présence, pour faire valoir les valeurs du sport en priorité et pour mettre au point un programme de mise à niveau pour organiser dans un délai très court un dialogue sincère. Et ce afin d’aboutir à ratifier, par l’ensemble des clubs, les nouveaux statuts et pour superviser la tenue d’une assemblée générale qui procèdera à l’élection d’un nouveau bureau fédéral élu sur des bases de démocratie et de transparence.

Des rumeurs se font de plus en plus insistantes sur votre éventuelle nomination à la tête de la FRMBB. Seriez-vous le messie tant attendu alors qu’il y a déjà une trentaine d’années vous avez décliné cette proposition?
J’ai accepté de m’impliquer dans cette affaire en raison de ma proximité permanente avec les différents joueurs et dirigeants, car comme vous le savez, je continue à pratiquer le basket avec de nombreux anciens joueurs et dirigeants et je continue à suivre comme un passionné l’évolution de mon sport préféré. Il n’est nullement question que je redevienne président comme je le fus déjà il y a quelque trente années. Par contre, j’ai exprimé mes prédispositions pour mes bons offices en tant que médiateur désintéressé de toute responsabilité et animé par la volonté sincère de faire avancer les choses.

Si l’ancien/actuel président (Dinia) avait démissionné en bonne et due forme, est-ce qu’il aurait contribué au déblocage de cette situation?
Je suis certain que M. Dinia avait des raisons valables pour justifier son absence qui a duré quelques mois déjà, mais cela ne peut jamais expliquer l’entêtement de certains à mettre en relief des questions administratives ou juridiques qui ne constituent nullement des raisons valables pour le blocage actuel.

Alors que le bras de fer persiste entre les anti-fédéraux et le bureau en place, ne trouvez-vous pas ridicule que des matchs (virtuels) soient programmés alors qu’on sait pertinemment d’avance que certains seront boycottés?
Lorsqu’il y a blocage et incompatibilité d’humeur, tout peut se produire. Je suis foncièrement convaincu que le problème a été dramatisé et il appartient à tout le monde de ramener les différends à leurs juste valeur pour laisser place à la compréhension, la conciliation et la tolérance.

Que penseriez-vous de la désignation d’un comité de sauvetage pour essayer de renflouer le navire du basket et le remettre à flot en attendant de trouver une issue à la crise?
C’est exactement ce que j’ai préconisé et je vous assure que toutes les parties concernées ont répondu favorablement à mon appel au dialogue, car je voudrais souligner encore que les dirigeants actuels comme ceux qui s’opposent à eux sont des personnes dignes de considération et de respect… malheureusement le courant ne passe pas à cause de l’intrusion et de l’irresponsabilité de ceux qui pourraient tirer profit d’un tel marasme.

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