Mohamed Fouad Ammar : La mort annoncée du basket marocain

Mohamed Fouad  Ammar  : La mort  annoncée du basket marocain

ALM : Le basket-ball traverse une crise sans précédent, quelles sont les causes de ce blocage ?
Mohamed Fouad Ammar : À la FRMBB, il n’y a pas de blocage. Il y a certes un retard qu’on accuse mais qui est dû à plusieurs raisons. D’abord, nous avons hérité depuis fin 2010 de grands problèmes structurels. Il fallait bien évidemment faire l’état des lieux en commençant par la fédération. Nous avons essayé la deuxième saison sportive, c’est-à-dire l’année dernière, d’enclencher un processus de changement et de modernisation du basket-ball sur la base d’actions que nous avons initiées. Ce processus n’a dérangé que ceux qui sont habitués à trouver leur compte dans un système de gouvernance frelaté !
Le retard est dû aussi à la refonte statutaire qui a été faite sur recommandation du ministère de la jeunesse et des sports. C’est aussi une recommandation des composantes du basket-ball national bien avant la promulgation de la nouvelle loi sur le sport et un préalable pour pouvoir restructurer notre discipline qui est le deuxième sport populaire après le football. L’écrasante majorité des clubs a répondu favorablement et le vote massif lors de l’assemblée générale statutaire du 9 décembre de l’année écoulée prouve que l’on veut bien qu’il y ait une rupture avec la gestion traditionnelle.
C’est ce qui a été décliné dans les nouveaux statuts de la Fédération royale marocaine de basket-ball. Ce sont des statuts qui ont été élaborés par une pléiade de spécialistes qui n’ont rien laissé au hasard. Et puis, et jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons pas compris pourquoi le ministère de la jeunesse et des sports n’a pas mandaté la subvention annuelle à notre fédération. Nous sommes la première fédération à tenir son assemblée générale statutaire et à rendre les comptes. C’était le 30 octobre 2011. Les détails, vous les trouverez dans les rapports moral et financier qui seront soumis à l’assemblée générale ordinaire le 27 janvier.

Y a-t-il un consensus avant la tenue de l’assemblée générale?
Nous sommes toujours ouverts au dialogue, mais un dialogue responsable qui ne peut se faire au détriment des textes qui régissent le basket-ball. Si vous faites allusion aux clubs qui ont déclaré forfait général, je suis convaincu qu’ils ont tort et que parmi eux il y a ceux qui ont été induits en erreur. Le coup d’envoi du championnat national de première division a été donné sur recommandation du ministère de la jeunesse et des sports qui a reçu auparavant des représentants de clubs déplorant le retard du démarrage du championnat national. Nous avons appliqué les règlements car il y va de l’intérêt général du basket-ball. Nous ne sommes pas dans un tournoi de quartiers !

Vous êtes candidat à la présidence, est-ce qu’il y a d’autres prétendants à ce poste ?
Je suis candidat sur la base d’une liste et d’un programme quadriennal bien ficelé. Ce mode de scrutin est l’un des points forts des nouveaux statuts. Je suis candidat car un nombre important de potentialités du basket-ball et d’autres responsables ont insisté pour être candidats. Je suis conscient des enjeux et des défis à relever. Ils sont multidimensionnels. La tâche n’est pas du tout facile mais avec les bonnes volontés nous saurons comment rebondir. Le tintamarre de certains ne nous détournera pas de nos missions, celles de participer à la mission du service public bien que nous soyons des bénévoles, d’instaurer la bonne gouvernance qui est axée sur le développement technique, la pierre angulaire, pour des lendemains meilleurs.

Est-ce que cela a un impact sur le championnat national de première division ?
On ne boycotte pas un championnat qui a été lancé par un bureau fédéral dont le mandat électif n’a pas expiré. En 2010, les deux premières journées avaient été jouées alors que le bureau fédéral avait terminé son mandat électif. On aurait dû remuer ciel et terre en arguant l’illégalité du bureau fédéral de l’époque mais on ne l’avait pas fait car nous nous sommes dit que le championnat est une chose et la question de la légalité en est une autre.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *