Mondial-2006 : le rêve de Zidane

Mondial-2006 : le rêve de Zidane

Zinédine Zidane rêve d’un crépuscule flamboyant : partir sur un triomphe en remportant le Mondial-2006, la dernière compétition du capitaine idolâtré de l’équipe de France de football, qui a annoncé sa retraite à l’issue de la Coupe du monde en Allemagne (9 juin – 9 juillet). Après une troisième saison vierge de titre avec le Real Madrid, "Zizou" espère quitter définitivement le terrain avec le plus beau trophée du football, lui qui l’a déjà offert à la France, pour la seule fois, il y a huit ans, de deux têtes contre le Brésil en finale à Paris (3-0). La France a toujours vénéré ses grands meneurs de jeu, ses "dix" d’anthologie : Platini, qui écrivit en 1984 la première ligne du palmarès, un  Euro-1984 survolé – neuf buts en cinq matches -, et plus loin dans la mémoire  collective, Raymond Kopa, auteur du premier coup d’éclat des Bleus seulement stoppés en demi-finales du Mondial-1958 par le Brésil de l’adolescent Pelé  (2-5).
Mais la relation d’amour avec ces romantiques du beau jeu est plus intense encore avec Zidane. Ballon d’or 1998, joueur Fifa en 1998, 2000 et 2003, Zizou a plus gagné que Platini, réussissant le doublé Mondial-Euro remporté en 2000.
Son retour messianique en plein été 2005, un an après avoir pourtant raccroché le maillot bleu, avait encore enflammé la France, amoureuse de son  joueur comme probablement d’aucun autre sportif auparavant. Zizou était sorti de sa retraite internationale pour sauver une équipe fort mal lancée vers le Mondial. Les journaux ne mentionnaient même plus son nom, titrant : "Il revient". "J’ai eu comme une révélation : j’ai eu soudain envie de revenir aux sources", avait alors dit Zidane.

Revanche personnelle   
L’été dernier, les supporteurs des Bleus se racontaient encore les exploits de leur N.10 : le doublé et les entrechats de football de rue en finale contre le Brésil, le penalty de la 117e en demi-finales de l’Euro-2000 contre le  Portugal, le doublé coup franc-penalty dans le temps additionnel contre  l’Angleterre à l’Euro-2004 alors que la France était menée 1-0… L’importance de Zidane se lit aussi en creux. Lors du Mondial asiatique de 2002, la France entière semblait penchée sur les centimètres de la déchirure à une cuisse de son meneur de jeu. Zizou ne disputa que le dernier match de poule, boitant contre le Danemark (0-2) sans éviter le pire fiasco d’un tenant du titre : une élimination au premier tour sans marquer le moindre but.
Déjà à l’Euro-1996, à l’aube des années de gloire, les Bleus, pourtant demi-finalistes contre les Tchèques, avaient souffert du médiocre tournoi de Zidane. Très attendu parce qu’il avait pris la place des vieilles gloires Cantona et Ginola, il avait traversé anonymement l’Euro anglais, diminué par un accident de voiture survenu peu avant. Enfin, Zidane rêve également d’une revanche personnelle, après le désastre de 2002 et l’échec de 2004, où une équipe de France sans inspiration, oublieuse des consignes du sélectionneur Jacques Santini, s’était arrêtée en quarts contre le futur vainqueur, la Grèce (0-1). Zidane aura déjà 34 ans le 23 juin, jour de France-Togo. Mais de multiples blessures ont perturbé sa saison, et il devrait arriver reposé pour ses adieux à la scène, peut-être le 9 juillet à Berlin, pour la finale.

Emmanuel Barranguet
(AFP)

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *