Mondial 2007 : Une touche de féminité dans la mêlée de muscles

Mondial 2007 : Une touche de féminité dans la mêlée de muscles

Une frêle silhouette féminine se distingue parmi les kilos de muscles sur le terrain d’entraînement de l’équipe du Japon, présente dans la poule B du Mondial-2OO7, celle de Julia Nakazawa, traductrice pour les joueurs des directives de l’entraîneur néo-zélandais John Kirwan.
«Je ne suis que l’ombre du coach, pas plus», tranche Julia, étonnée d’être questionnée sur sa mission au sein de l’équipe nipponne et ne pouvant cacher une timidité extrême devant l’oeil des photographes. Elle décrit son rôle au sein de l’encadrement japonais comme «mineur» et jure n’être utile «que pour régler quelques petits détails».
Néanmoins, sa complicité avec le toujours costaud ex-ailier des Blacks et ses assesseurs, Grant Doorey et Christopher Gibbes, est excessivement importante. Elle avoue au détour de la conversation donner à John Kirwan quelques cours de japonais, «mais il le parle déjà très bien», s’empresse-t-elle d’ajouter.
La jeune femme n’en est pas à sa première expérience dans le milieu du rugby. Interprète en traduction simultanée de formation, elle a de 1997 à 2003 servi de relais à Dave Thomas, alors entraîneur néo-zélandais de l’équipe japonaise Toyota.
Cette expérience aidant, l’arrivée en novembre 2006 de John Kirwan à la tête de l’équipe nationale du Japon l’a replongée, «avec bonheur» dit-elle, dans l’univers de l’ovalie.
Elle réfute, toutefois, être devenue une professionnelle du rugby et de ses secrets. Elle insiste vouloir se cantonner dans son rôle d’interprète qu’elle partage avec un collègue, un homme cette fois-ci. «Je veux être la plus discrète possible et ne pas interférer dans le travail de l’entraîneur», assure Julia. «D’ailleurs, dans leur majorité les joueurs comprennent l’anglais et donc les ordres simples du coach. Mais quand je vois sur leurs visages qu’ils ne comprennent pas, je leur donne des explications, voilà tout», ajoute-t-elle humblement.
Pourtant, sur le terrain du stade de Colomiers, où les Japonais assurent leurs entraînements depuis dimanche, Julia ne se prive pas de donner de la voix. Car, lors de ces séances, il est frappant de constater le brouhaha qui règne sur le terrain entre les ordres des entraîneurs, leurs traductions et les cris des joueurs eux-mêmes. «Oui, cela crie beaucoup», acquiesce Julia. «Les joueurs japonais ont besoin de cela pour se donner de l’allant», donne-t-elle en guise d’explication.
 Au sein de l’encadrement du Japon, Julia est une touche de féminité dans une mêlée de muscles. Mais elle dit «ne pas se sentir seule», car avec l’attachée de presse et la cuisinière, elles sont trois représentantes de la gent féminine auprès de la cinquantaine d’hommes de l’encadrement nippon.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *