Mondial : Plus haut, plus cher

Nous ne le savons que trop bien. L’organisation d’une manifestation sportive de la taille de la Coupe du monde est loin d’être une mince affaire. Si elle rapporte beaucoup, la coupe du monde coûte également très cher. Mais l’édition 2002 de ce sport-roi risque de l’être encore plus, dix fois plus. Et c’est la Fédération internationale de football (FIFA) qui doit supporter les lourdes charges de cette première co-organisation.. «Les charges sont nettement plus élevées que prévu » en raison entre autres du «coût de l’organisation conjointe» par la Corée du Sud et le Japon, rappelle la FIFA dans un rapport financier qui devra être présenté le 28 mai prochain, par son président sortant, le Suisse et très contesté Joseph Blatter, au congrès extraordinaire à Séoul, trois jours avant le match d’ouverture France-Sénégal.
Pour 2002, l’instance internationale de football évalue ses dépenses à 843 millions d’euros. «À peu près 65% (546,5 m euros) au titre de la coupe du monde», peut-on lire dans le rapport financier.
En effet, la FIFA devra verser 138 millions d’euros aux participants, et 198 autres millions aux deux comités d’organisation, le KOWOC coréen et le JAWOC japonais. « À elle seule, la vente des droits télévisés de la coupe du monde rapporte 897 millions d’euros à la FIFA», rappelle Blatter. À cela s’ajoutent les droits de retransmission de la 17e coupe du monde de football qui vont coûter dix fois plus cher que l’édition 1998 aux télévisions qui ont acquis les droits de retransmission. Et c’est la même FIFA qui doit en assumer les charges. À titre de comparaison, la commercialisation des droits télés dans le monde a fait gagner seulement 90 millions d’euros à la FIFA.
C’est du moins le chiffre officiellement annoncé. Ceci alors que le contrat de l’époque, signé en 1987 et portant sur les trois éditions qui ont suivi, avait pour budget total 222 millions (60+72+90). Mais, depuis, la concurrence entre les chaînes et la popularité croissante du sport-roi ont fait exploser les coûts.
L’audience cumulée du mondial 1998, où l’on a assisté pour la première fois à la participation de 32 participants a atteint quelque 37 milliards de téléspectateurs dans le monde entier. Une montée faramineuse des dépenses donc, que les chaînes de télévision regardent d’un mauvais oeil. La chaîne privée française TF1 a acquis l’intégralité et l’exclusivité des droits du mondial-2002 pour 168 millions d’euros, avec en prime 24 matches de l’édition 2006 en Allemagne. Ceci alors qu’elle et sa rivale publique France Télévision n’avaient déboursé à elles deux que 15,4 millions d’euros pour diffuser les 64 rencontres du mondial-98. Le décalage horaire fera que les matchs passeront tôt le matin. Il faut donc compter sans les recettes publicitaires, à même de faire fructifier ces investissements. La faillite de l’agence de marketing sportif suisse ISMM-ISL, qui gérait les droits commerciaux de la FIFA, a empiré davantage cette situation par une perte de 35 millions d’euros. La compagnie française AXA a renoncé à prendre en charge la couverture du mondial asiatique. La souscription d’une nouvelle prime d’assurance a entraîné un surcoût pour la FIFA. La fédération internationale a également dû faire face en 2002 à l’insolvabilité du groupe Kirch, le relais d’ISMM-ISL. La FIFA reste malgré tout optimiste, prochaines élections obligent.

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