Mondiaux d’escrime : la France satisfaite

Quatre ans après Nîmes, la sabreuse Anne-Lise Touya a remporté l’or des Championnats du monde d’escrime, mardi à Leipzig (est), permettant à la France d’atteindre dès avant les compétitions par équipes l’objectif annoncé de cinq médailles, dont une en or.
Le fleurettiste Nicolas Beaudan, à sa première sélection mondiale à 29 ans, a contribué à ce bilan en décrochant une médaille de bronze qui ressemble à un bâton de maréchal.
"C’est évidemment une grande joie. Il y a un mois, je ne devais pas participer. C’est vraiment inespéré. Quand j’ai commencé la compétition, je me suis dit “advienne que pourra”. Il y a deux jours, je doutais encore de mes sensations, de mon positionnement au centre de la piste. Et aujourd’hui, tout a fonctionné", a déclaré la Tarbaise, qui aura 24 ans le 19 octobre.
Autant qu’un retour au sommet après trois saisons contrastées, Touya a pris en finale une revanche sur la jeune (20 ans) Russe Sophia Velikaia. "Je la connaissais. Cette année, en quarts de finale des Championnats d’Europe, j’avais pris 15-6. Elle est assez rapide du bras et je l’avais étudiée à la vidéo avant de venir ici", a souligné la médaillée d’or.
Auparavant, Anne-Lise avait dominé en demi-finale l’Italienne Ilaria Bianco, qu’elle avait déjà largement battue (15-3) en finale dans les Arènes nîmoises.
Touya s’était blessée (déchirure de l’aponévrose du quadriceps droit) en août à Aix-en-Provence, lors du stage de préparation physique. "Je suis donc arrivée ici sans pression. Mais j’en avais évidemment pour la finale", a reconnu la jeune femme, soeur cadette des sabreurs Gaël et Damien. Ces derniers avaient arrêté leur carrière après le titre olympique par équipes d’Athènes, laissant le soin à Anne-Lise de défendre l’honneur familial.
"C’est vrai que ces dernières années, je n’étais pas montée sur le podium. C’était frustrant et je me posais des questions. Mais j’espérais bien goûter de nouveau à une médaille. Des deux en or, la plus belle restera quand même celle de Nîmes. La première fois, c’est toujours magnifique, surtout chez soi", a expliqué la lauréate.
"Maintenant, elle a à cœur de remporter le titre par équipes. Etre une équipière avant tout, c’est une particularité d’Anne-Lise", a remarqué l’entraîneur Pierre Guichot.
Par ailleurs, l’Italien Salvatore Sanzo a dominé la finale du fleuret messieurs des Championnats du monde d’escrime, en battant 15 touches à 4 le Chinois Zhang Liangliang, mardi soir, à Leipzig.
Vice-champion olympique à Athènes, le Pisan avait été sacré champion du monde en 2001 à Nîmes. Le plus indiqué pour décrocher le titre parmi les quatre Italiens, Salvatore Sanzo avait été contraint à la minute supplémentaire en demi-finale par le Russe Andrei Deev. Dans l’obligation d’attaquer en raison de la priorité échue à son adversaire, Sanzo, 29 ans, avait porté la touche victorieuse (8-7) à trois secondes de la fin. Le Français Nicolas Beaudan, battu 15-7 par Zhang Liangliang, et Deev ont obtenu chacun une médaille de bronze. Comme Sanzo, la sabreuse française Anne-Lise Touya a attendu quatre ans après Nîmes pour remporter un deuxième titre mondial.

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