Montgomery sur le piédestal des 100m

Maurice Greene a de quoi être malheureux. Et pour cause, il a vu, à partir des tribunes du stade Charléty à Paris, son record des 100m baisser d’un cran. Le triple champion du monde et champion olympique s’est tout simplement fait voler le titre d’homme le plus rapide de l’année (9.89) et de l’histoire (9.79) par son compatriote et grand rival, l’Américain Tim Montgomery.
Le nouveau détenteur du record du monde du 100 m (9.78) a détrôné son compatriote et prédécesseur «Mo» du piédestal qu’il occupait depuis trois ans. Personne, depuis ce jour de juin 1999 à Athènes où Greene s’était illustré, n’avait réussi à abaisser le chrono de la course reine. Sprinteur le plus régulier de la saison avec 7 victoires sur 14 courses, Montgomery, 27 ans, a par la même occasion remporté le classement général du Grand Prix devant le Marocain Hicham el Guerrouj (1500 m), dont il admire à la fois le caractère et le talent, et le Dominicain Felix Sanchez (400 m haies). Après quelques hésitations au départ dues à des difficultés de starter, l’ancien joueur de football américain, vice-champion du monde en titre, a effectué un départ en trombe, le seul moyen, a-t-il expliqué, «pour espérer gagner».
Officiellement champion olympique du relais 4×100 m en 2000, il avait seulement participé aux séries, tandis qu’aux mondiaux-2001, il avait échoué sur la deuxième marche, nargué par un Maurice Greene pourtant boiteux. Même les organisateurs de la dernière étape de la Golden League à Berlin, le 6 septembre dernier, avaient renvoyé l’ancien joueur de football américain de 27 ans dans ses pénates parce qu’il avait osé demander 30.000 dollars, soit moins de 50% de ce que reçoit Greene pour chacune de ses sorties.
Pourtant toute la saison, le coureur de Raleigh a été sans conteste le plus performant. Samedi après-midi, Montgomery, qui était le deuxième performeur de l’histoire avec un chrono de 9.84, à égalité avec les Canadiens Donovan Bailey et Bruni Surin, a profité des conditions quasi-idéales, avec du soleil, une température douce pour la saison (22) et surtout un vent dans le dos parfait soufflant à 2 m/s, soit la limite autorisée.
Montgomery a laissé sur place tous ses adversaires, se permettant même de ne pas casser le torse sur la ligne d’arrivée se privant d’un chrono encore meilleur. « C’est un rêve d’enfant, une journée parfaite », a expliqué Montgomery après une longue étreinte ave Marion Jones, son amie. Touché dans son orgueil – le moteur de tous les sprinteurs -, Maurice Greene, «le Pitbull», va maintenant rentrer en Californie avec pour obsession de reprendre « son » bien et conserver sa couronne mondiale en août 2003 à Paris. Et il en a sûrement les moyens, malgré sa saison gâchée par six défaites. De quoi relancer la distance-reine, sur laquelle Greene était plus habitué à laisser les miettes qu’à partager le festin.

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