«Morocco 2010» dévoile ses cartes

L’Association Morocco 2010 a jusqu’à mai 2004 pour se voir offrir l’organisation de la Coupe du Monde 2010. Dix mois de dur labeur attendent les membres du comité de candidature nationale. Saâd Kettani, président de cette association en est d’ailleurs conscient. Lors de sa première sortie officielle mardi dernier à Casablanca, son message était clair : Notre pays a de grandes chances d’organiser le plus grand rendez-vous footbalistique de la planète. Il suffit d’y croire et de disposer d’un dossier technique en béton, ce qui, pour rappel, a fait défaut aux précédentes candidatures marocaines. Finies les maquettes de stades. Celles-ci devront céder la place à des infrastructures sportives bien réelles, répondant aux normes de la Fédération internationale de football (FIFA). Ainsi, pour sa quatrième tentative, le Royaume dispose d’ores et déjà de trois stades à Casablanca, Rabat et Fès. Deux autres, à Tanger et Marrakech, sont en cours de construction. Le financement de leurs travaux de construction est déjà assuré, a tenu à préciser le président de Morocco 2010. Tout ce gigantesque travail doit être fait en … trois mois. En effet, le dossier technique de notre candidature doit être ficelé et présenté à la FIFA avant la fin de septembre prochain pour laisser la place à la commission technique de l’instance internationale qui se rendra dans notre pays durant le dernier trimestre de l’année en cours. La décision finale sera prise à Paris par le comité exécutif de la FIFA en mai 2004. Le temps presse, mais M. Kettani se veut rassurant. Une seule expression est revenue plus d’une fois sur ses lèvres : Nouvelle vision, nouvelle approche, nouvelle stratégie et, bien sûr, nouvelle équipe. En effet, de jeunes managers ne dépassant pas la quarantaine, lauréats des grandes écoles européennes et Nord américaines, constituent l’ossature de Morocco 2010. leurs responsabilités respectives vont du «financement et sponsoring» à l’ «infrastructure, sécurité et services » en passant par la «mobilisation nationale», le «lobbying» et la «communication et marketing ». La Fédération royale marocaine de football n’a pour sa part hérité qu’une vague mission de «développement du football national». Ces jeunes membres seront épaulés, selon Saâd Kettani, par des experts nationaux et internationaux du plus haut niveau, à l’image de ce cabinet américain dont le président a dirigé l’inspection technique de la FIFA pour la candidature du Mondial 2006. Une chose tient cependant à coeur à M. Kettani : c’est la mobilisation nationale autour du projet. Vouloir organiser le Mondial et se battre «jusqu’au dernier battement de son coeur» pour l’avoir est l’élément clé de n’importe quelle candidature. Les Marocains, pour qui le football est plus qu’un sport, mais une passion, auront tout à y gagner. Infrastructure, économie, notoriété du royaume. Plus d’un domaine décollera au cas où notre pays pourra abriter «le plus grand événement de la planète». Ainsi, on devrait compter sur pas, moins de quatre millions de spectateurs qui se rendraient à nos stades et sur une trentaine de milliards de téléspectateurs durant tout l’événement. Mais il se trouve que nos concurrents convoitent la même chose, et ils ne sont pas prêts à lâcher prise de sitôt. L’Afrique du Sud est pour le président de l’association Morocco 2010 le pays à battre puisqu’il est en avance pour ce qui est de ses infrastructures et vu l’importance de son économie. A ce sujet, il a tenu à préciser que le principe d’une candidature commune entre le Maroc et la Tunisie est à bannir en raison des nombreuses difficultés que cette expérience de co-organisation a créé lors du mondial asiatique. Morocco 2010 s’est donc lancée dans une course contre la montre pour convaincre la FIFA du sérieux de notre démarche et des atouts dont nous disposons. S’il est désormais sûr que le Mondial aura lieu sur une terre africaine dans sept ans, rien n’est encore acquis pour notre pays. Les «avocats» de notre cause devraient le savoir.

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