Mourinho déclare la guerre à Gallas

Mourinho déclare la guerre à Gallas

L’entraîneur de Chelsea, José Mourinho, qui ne répugne pas aux provocations verbales, a lancé une attaque d’une rare violence contre Williams Gallas, son ancien joueur parti à Arsenal (1re div. de football), oubliant la réserve qu’il avait observée jusque-là. En début de saison, en cas de refus du club londonien de le laisser partir, l’international français de 29 ans aurait menacé "de marquer contre son camp, de se faire exclure ou de commettre des erreurs délibérées, si on le forçait à jouer ou en cas de sanction disciplinaire ou financière".
La colère de Mourinho aurait été provoquée par des propos attribués dimanche par un tabloïd anglais à Gallas qui lui aurait reproché son "inconstance".
Actuellement en équipe de France, Gallas a démenti les "accusations farfelues" du communiqué de Chelsea, y décelant le refus de ses dirigeants "d’assumer leurs responsabilités devant leurs supporteurs".
«Tout ça est très très petit de la part de Chelsea. Mais en même temps, venant de la part de ses nouveaux dirigeants, cela ne me surprend pas. Même si Chelsea a beaucoup d’argent, ses nouveaux dirigeants manquent de classe». Claudio Ranieri, qui avait recruté Gallas à Chelsea en 2001, deux ans avant l’arrivée du milliardaire russe Roman Abramovich, a affirmé "ne pas pouvoir croire" aux reproches de Mourinho.
Au moins l’un d’eux est sujet à caution : accusé d’avoir refusé de jouer la demi-finale de Coupe d’Angleterre perdue contre Liverpool (2-1), Gallas, champion en 2005 et 2006 avec Chelsea, a participé à l’intégralité du match en défense centrale sans commettre d’erreur manifeste.
Mais depuis plusieurs mois, le Français était déterminé à quitter Chelsea, vivant mal d’être trimballé tantôt à droite, tantôt à gauche, tantôt au centre de la défense, quand il se considère comme un arrière central.
Surtout, il a assimilé à un manque de respect les réticences de Chelsea d’approcher son salaire de celui des autres stars de l’équipe, alors même qu’il était un des favoris des "fans" de Stamford Bridge et que Mourinho le décrivait en février comme "l’un des meilleurs défenseurs du monde".
Le ton méprisant utilisé lundi sur "un joueur dont le seul titre (avant de venir à Chelsea) était celui de champion de deuxième division française", ne suffit pas à cacher le coup dur pour Mourinho que représente le départ du Français auquel il était hostile. Pour épauler John Terry en défense centrale, le Portugais ne dispose plus que de Ricardo Carvalho, avec qui ses relations n’ont pas toujours été au beau fixe, et du rugueux Néerlandais Khalid Boulahrouz, encore loin du niveau de Gallas. Or Mourinho sait qu’en cas de troisième échec en Ligue des Champions, l’objectif d’Abramovich, son avenir londonien pourrait être compromis.
La polémique sur le transfert de Gallas risque de ranimer l’échange de propos empoisonnés entre les "Blues" et Arsenal, leur rival du nord de Londres, à qui ils disputent l’hégémonie sur la capitale britannique.
La saison passée, Mourinho avait qualifié de "voyeur" son homologue d’Arsenal, Arsène Wenger. Des "propos hors de propos, déconnectés de la réalité et irrespectueux" selon le Français, qui avait rejeté les excuses ultérieures de son confrère. De son côté, Wenger avait demandé à Abramovich quelles étaient les "valeurs" de Chelsea. Le retour de Gallas à Stamford Bridge, avec Arsenal le 10 décembre, s’annonce chaud.

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