Muller : «Le Chabab est sinistré»

Aujourd’hui Le Maroc : Comment se porte le Chabab ?
Robert Muller : Je vous ferai déjà remarquer qu’il s’agit des fruits d’un travail de fond que nous avons entamé il y a sept/huit mois. Et maintenant que nous sommes au devant de la scène, les gens se disent : tiens, il y a le Chabab ! Tout le monde se pose des questions. Nous avons été intelligents en matière de transferts, parce que nous n’avons pas d’argent. Nous avons pris des joueurs qui voulaient se remettre en question. Et nous avons formé un groupe dont le leitmotiv est la solidarité. Et dont la principale qualité est qu’il puisse adhérer, avoir les nerfs et le moral pour supporter la situation que traverse le club. Nous sommes en train de récolter les fruits de cette symbiose totale. Et Dieu sait si nous sommes dans une situation difficile, financièrement parlant.
Est-il vrai que la situation matérielle du Chabab n’est pas reluisante ?
Ce qui se passe au Chabab est très grave. Après quatre matches et dix points récoltés, les joueurs et moi-même n’avons touché aucune prime, ni salaires. Le club est sinistré. Et nous ne tenons que par la grâce de Dieu et à un gros effort des joueurs et de l’esprit de solidarité dont ils font preuve. La seule aide que l’on a vraiment reçue nous est venue de l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) qui a mis à notre disposition un terrain, situé à une quinzaine de kilomètres de Mohammédia. Autre chose, mon assistant Hamidou Ouarga et moi-même avons pu obtenir un sponsor qui nous a fourni en matériel et nous a équipés des pieds à la tête. A part cela, nous sommes complètement délaissés par tout le monde ! De plus, depuis les dernières inondations, nous jouons tous nos matches à l’extérieur et donc en l’absence de notre public, qui est un élément essentiel pour nous. Mais nos joueurs, dont cinq ou six ont moins de vingt ans, ont «la gagne».
Vous êtes cinquième au classement à l’issue de la 18ème journée. Ne dit-on pas que l’appétit vient en mangeant ?
Il faut être réaliste et il ne faut pas trop rêver et tenir compte de notre situation financière. Quand je me lève le matin, je me pince pour avoir le moral. Car, c’est bien beau de gagner, de faire la Une des journaux, mais ça ne paie pas le loyer, ni ne permet de vivre décemment. Je suis arrivé au Chabab avec l’idée que l’on jouerait le maintien en GNF I. C’est aujourd’hui pratiquement chose faite. Maintenant, il nous reste encore des matches contre des équipes comme le WAC, le Raja ou le Hassania, où nous avons toutes nos chances.
Qu’est-ce qui fait courir Robert Muller ?
On parle un peu trop des entraîneurs étrangers qui « ne trouvent pas de travail chez eux» et qui viennent au Maroc. Pour ma part, j’ai contribué à sauver quatre clubs (Chabab de Mohammédia, Jeunesse Sportive Massira, Wydad de Fès et Tihad de Casablanca, Ndlr) et je suis parvenu à une finale de Coupe du Trône, avec le Chabab. Je veux relever le défi et transformer le négatif en positif. C’est- à-dire qu’au lieu de nous coucher et de pleurnicher en disant qu’il n’y a pas d’argent, nous cherchons notre salut par les bons résultats.

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