Mustapha El Kharraz : affaire de swing

Il ne côtoie pas la jet-set. Il ne roule pas en décapotable, ne s’habille pas chez Tommy Hilfiger et ne loge pas dans un hôtel particulier. Son yacht ? Ce n’est, assurément, pas pour demain. Ni après-demain. Les soirées huppées à Paris, Londres ou Las Vegas ? Connaît pas.
Mustapha El Kharraz est, pourtant, un joueur professionnel de golf ! En réalité, son truc à lui, c’est de réduire à néant cette fausse idée qui veut, tout naïvement, que golf rime avec fric, tune, oseille et le reste. Une conception qui jure que le golf est une discipline pour Richard et compagnie. C’est, à notre grand bonheur, tout faux.
Son truc à lui (bis), c’est aussi une lutte au quotidien pour gagner sa vie, subvenir à ses besoins, ceux de ses enfants, ses parents et ses frères. Ses armes ? Son club, sa petite balle et sa détermination. Sa motivation ? Une rage de vaincre et d’aller toujours plus loin, toujours plus haut.  Ce grand champion, peut-être le plus grand de tous les temps de l’histoire du Maroc, est un «fils du peuple». Un roturier, comme on dit. Cela ne l’a, cependant, pas empêché de découvrir le golf, de l’aimer, puis de l’adopter, avant d’en devenir champion et de passer à travers sa pratique les plus beaux moments de son existence, après ceux qu’il passe, bien entendu, aux côtés de sa femme et ses deux enfants.
Issu d’une famille modeste, Mustapha El Kharraz a contracté le virus du golf vers les années 86-87. « Le travail de mon père ne rapportait pas grand-chose, cela m’a poussé à chercher un job pour aider ma famille. Mon frère Abdelaziz, qui travaillait au Golf de Mohammedia, m’a donné un petit coup de pouce pour l’intégrer en tant que ramasseur. Je me souviens que mon premier coup de club, à l’aide d’un «Fer 8», est parti tout droit…», se remémore Mustapha.
En fait, cela devait ressembler à un signe. La découverte d’un don caché, en quelque sorte. Car notre ami allait persévérer. De progrès à l’autre, d’objectif à l’autre, le petit ramasseur affûtait ses armes. Face à ses capacités, son frère raccrochera, lui léguera son matériel et le soutiendra financièrement. Une belle leçon de la vie et de la conception de la famille. 
Il intégra l’équipe nationale en 1991, et poursuivait son travail en tant que caddie. Son premier trophée date de douze années déjà. Il poursuivra sa lancée, de tournoi à l’autre, côtoyant les champions internationaux de la discipline… sur le Green uniquement. Mais les tournois se comptaient sur le bout des doigts d’une seule main.
«Grâce à SAR le Prince Moulay Rachid, le golf marocain a atteint cette dimension aujourd’hui. Nous avons actuellement la chance de disputer plus d’une vingtaine de tournois, grâce à l’instauration du Royal Moroccan Pro Tour», note El Kharraz, qui met l’accent sur le soutien vital, sur tous les plans, de SAR Moulay Rachid. 
Son plus beau souvenir ? C’est lorsqu’il a été convoqué, en 2002, par le DTN Karim Guessous, sur instruction de SAR le Prince Moulay Rachid, pour prendre part au Trophée Hassan II. Champion du Maroc à l’époque, il avait trébuché lors des qualifications. Son principal objectif ? Remporter le Trophée Hassan II. «Ce sera plus beau d’un rêve», précise ce grand champion.

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