Nos Lionnes à l’épreuve du Mali

«Le moral des filles est au beau fixe. Nous sommes prêts à affronter les Maliennes et faire un bon résultat». Les propos sont du coach de la sélection féminine de football, Alaoui Slimani. Les joueuses, qui se trouvent depuis le 22 septembre en stage de préparation au Centre national de football de Maâmora, entendent rééditer l’exploit de se qualifier aux phases finales de la CAN, comme c’était le cas en 2000 en Afrique du Sud. Il est vrai que l’équipe nationale était sortie, à l’époque, du premier tour en essuyant trois défaites, mais la stature des équipes auxquelles les Lionnes devaient faire face était impressionnante. Il s’agissait, entre autres, du Ghana et des Bafana Bafana d’Afrique du Sud, version féminine. Il est à signaler également que cette coupe est intervenue à un moment où la compétition entre le Maroc et l’Afrique du Sud sur l’organisation de la Coupe du monde 2006 était très ardue. A chaque fois que les joueuses marocaines faisaient leur entrée sur le terrain, elles étaient huées par les spectateurs, ce qui n’a pas manqué d’affecter leur moral.
Passé ce mauvais souvenir, les Lionnes de l’Atlas devaient préparer ce qui allait suivre. Leur match nul au Mali en match aller a été décroché face à une équipe jusque-là inconnue. «Notre nul au Mali est malgré tout insuffisant. Ce n’est pas gagné d’avance. Nous avons en perspective un match difficile qu’on est déterminé à gagner.», a déclaré le sélectionneur national à Aujourdhui Le Maroc. L’équipe nationale, en raison de sa participation à la dernière Coupe d’Afrique, a été qualifiée d’office à ce deuxième tour. Son adversaire de demain vendredi a eu raison quant à lui, lors du premier tour, de la Côte d’Ivoire.
Le groupe appelé en stage de préparation en vue de ce match se compose de jeunes joueuses dont l’âge ne dépasse guère les 25 ans. Seront même présentes sur le terrain des joueuses de l’équipe nationale des moins de 19 ans, qui ont remporté le premier championnat arabe de football féminin, organisé en 2001 au Caire. Lors de ce championnat qui a connu la participation, outre celle de l’équipe nationale féminine du Maroc, des sélections d’Algérie, de Jordanie et d’Egypte, les Marocaines se sont imposées en demi-finale face aux Algériennes (1-0) avant de gagner en finale face aux égyptiennes (2-0).
Seul handicap de ce jeune groupe, qui nourrit depuis longtemps l’ambition de glaner un titre continental : le manque de compétition.
Le fait est qu’au Maroc, il n’y a pas de championnat national féminin. Les équipes doivent se contenter de championnats régionaux qui se tiennent au niveau des onze ligues féminines.
Les champions de chaque ligue se sont rencontrés en championnat final durant le mois de juin 2002, au terme duquel l’Union Mokhtar Soussi de la ligue du Grand Casablanca, et du Chabab Atlas Khénifra, de la ligue de Meknès Tafilale ont pu accéder en finale. Une finale qui, jusqu’à preuve du contraire, devrait se tenir la semaine prochaine. L’inexistence de championnat national en bonne et due forme est imputée, selon Houssine Radif, président de la Commission de football féminin au sein de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) et membre fédéral, au manque de moyens des clubs de football féminin. «Le premier pas a été fait.
Pour instaurer comme il se doit un championnat national, les clubs doivent investir plus.» explique-t-il. Et d’ajouter : «Pour la compétition organisée en juin dernier, c’est bien la fédération qui a pris en charge tous les frais des clubs». En attendant, la commission, créée il y a deux ans et composée de 13 membres, envisage d’installer un championnat à deux poules (Nord et Sud). Plusieurs propositions ont été retenues dans cette même optique, à savoir la tenue d’une Coupe des ligues et d’une Coupe du 8 mars, journée mondiale de la femme. Cette commission devrait à cet égard tenir, ce jeudi à Rabat, sa réunion ordinaire. Objectifs: l’évaluation des actions entreprises jusque là par la commission précitée, la participation de l’équipe nationale féminine aux qualification de la CAN 2003 et l’approbation du programme de l’année à venir.
Malgré les bons résultats réalisés à l’échelon arabe et africain, le football féminin est encore loin de pouvoir aspirer à une participation internationale. Une petite comparaison avec d’autres pays nous montre la précarité de ce sport au Maroc. La France, à titre d’exemple, compte 39.751 adhérentes qui évoluent dans un championnat féminin national de deux divisions. En Allemagne, ce nombre s’élève à 850.000 adhérentes, pour atteindre aux Etats-Unis, pays ou le «Soccer» est essentiellement un sport féminin, six millions de pratiquantes affiliées à la fédération américaine de football…

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