«Nous avons besoin de grands dirigeants»

ALM : Vous ne faites pas partie des joueurs de l’équipe nationale qui feront le déplacement au Botswana, dimanche prochain. Pourquoi ?
Noureddine Naybet : Après une blessure, qui a duré plusieurs semaines, j’avais besoin d’un peu de repos pour pouvoir récupérer. Certes, je ne ferai pas le déplacement au Botswana, mais je souhaite bonne chance à mes coéquipiers dans leur mission. Mon absence ne va pas durer longtemps. Je serai prêt dans les semaines qui viennent et je pourrai prendre part aux autres matchs de qualification à la Coupe d’Afrique des Nations et le Mondial 2006. Ce que je peux dire à propos de ces rencontres de qualification, c’est qu’il ne faut pas tomber dans le piège des calculs. Mais gérer les matchs un par un.
La saison 2003-2004 a été difficile. Comment vous l’avez vécue?
C’était très dur. J ‘ai disputé plus de 60 matchs, toutes compétitions confondues. En plus de la Liga, il y avait les éliminatoires de la CAN 2004 et ses phases finales ou nous avons atteint la finale. Il y avait aussi la Ligue des Champions européenne, sans oublier les compétitions de la coupe d’Espagne. C’est dire que la saison était très difficile.
Des rumeurs circulent par ci et par là sur le fait que la saison 2003-2004 était la dernière pour Naybet avec le Deport et que vous alliez signer pour un club du Qatar…
Ce ne sont que des rumeurs. On ne m’a jamais contacté pour que je puisse confirmer ou infirmer ces informations. Tout ce que je peux vous dire, c’est que je suis toujours sous contrat avec le Deportivo la Corogne jusqu’à 2005. Je peux même vous dire que j’ai eu des offres pour renouveler mon bail avec le club espagnol.
Il paraît que vous avez eu des propositions pour vous occuper de la formation des jeunes dans le centre de formation du Super Depor, une fois que vous auriez mis un terme à votre carrière de joueur…
Chez le Depor, je fais partie des piliers du club, aux côtés de Maoro Silva, Donato et Fran. En tant que Marocain, ce serait un grand honneur pour moi d’encadrer des jeunes du centre du Deport et leur transmettre mon métier et mon expérience. Le club vient de se doter d’un centre de formation aux normes internationales. Chose que le club n’avait pas auparavant.
En huit ans, vous avez tout remporté avec le Super Depor, ou presque…
Mon parcours avec le Depor a été très riche et, en tant que marocain, je ne peux qu’être fier de ce que j’ai réalisé jusqu’à maintenant. J’ai gagné plusieurs titres, le championnat d’Espagne, la Coupe d’Espagne, et deux fois la Super Coupe d’Espagne. J’ai participé à quatre reprises à la prestigieuse Coupe de Ligue des Champions.
J’ai vécu des moments extraordinaires. Cette saison, nous avons atteint la demi-finale et avec un peu de chance nous aurions pu aller plus loin et remporté le trophée.
Que pensez-vous du projet de professionnalisme au Maroc ?
Je crois que le plus important pour instaurer le professionnalisme dans notre pays c’est de mettre en place des centres de formation. Jusqu’à maintenant, les clubs qui ont ces structures se comptent sur le bout des doigts : WAC, Raja, FAR…Ce que je regrette c’est que mon club d’origine, le WAC, a été le premier à mettre sur pied un centre de formation et c’était grâce à l’un des grands visionnaires du football national, Abderazzak Mekouar, à un moment ou certains clubs européens ne disposaient pas de centres de formation. Nos dirigeants n’ont pas su capitaliser cette expérience. Pour rester dans la même optique, notre football a besoin de grands dirigeants à la hauteur de nos ambitions. Ce qu’il faut aussi, c’est aller à la recherche des jeunes talents. Notre pays regorge de potentialités. Il suffit de les dénicher.

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