«Pied en or», un succès très marocain

«Pied en or», un succès très marocain

Sur les 25 candidats du troisième groupe de l’émission de téléréalité «Pied en or», seul 20 vont entrer en lice cette semaine. Il y aura encore dix à éliminer. Les dix restants rejoindront les 20 qualifiés dans les deux premiers groupes. En tout, trente candidats entreront en stage de préparation avant le match gala, prévu le 10 octobre prochain au Complexe sportif Mohammed V à Casablanca. Les mêmes joueurs vont effectuer un stage de trois semaines sur invitation de deux clubs français Rennes et le Havre.
Vendredi dernier, les joueurs du troisième groupe ont disputé un match amical contre une équipe de l’université canadienne de Sherbrooke. Les Canadiens se sont imposés sur le score de 1 à 0. «Les joueurs n’avaient qu’une semaine de préparation et ce n’était pas suffisant», a fait remarquer Hammadi Hamidouch, membre du jury. Ce qu’il faut dire aujourd’hui, c’est que le concept fait un tabac, à tel point que Qatar veut importer ledit concept. Lui qui, au début, avait fait des jaloux. Cela a gêné, notamment, les responsables du football national, aussi bien la Fédération royale marocaine de football que les clubs. Car l’émission «Pied en or» leur a, tout simplement, volé la vedette.
Aujourd’hui, et après quelques mois de son début, l’émission cartonne. «Nous avons reçu les félicitations de la FRMF qui nous a encouragés à aller de l’avant et continué à travailler davantage», a fait savoir ce dernier. Résultat : les clubs se bousculent au portillon pour faire signer les gagnants, mais aussi les perdants.
Des clubs nationaux comme les FAR, le Fath Nador, le Mouloudia d’Oujda et le Kawkab de Marrakech. «Certains clubs veulent recruter des joueurs alors que ces derniers n’ont que quelques matchs dans les jambes. Je crois qu’il faut attendre que la machine se mette en marche avant de faire n’importe quoi», a tenu à préciser Hamidouch. Derrière cette ruée s’est développée une certaine surenchère.
Des clubs étrangers veulent, eux aussi, s’attacher les services de ces jeunes joueurs. « Des dirigeants venus de l’étranger, notamment d’Italie, pour superviser les joueurs. Mais il ne faut pas faire signer ces joueurs dans de petits clubs », a confié ce dernier. Réussite de l’émission en dépend, les responsables de ce projet comptent embaucher un agent de recrutement pour s’occuper des transferts des joueurs. Même hors terrain, les candidats de l’émission «Pied en or», tous liés par contrat avec la société productrice, ont la cote. «Ils nous appellent de partout, même les MRE, pour nous féliciter et nous parler de leur joueur préféré », a déclaré celui-ci. Devant le succès de cette émission, les initiateurs de ce projet projettent d’élargir la liste des candidats en faisant participer les jeunes MRE (France, Belgique, Hollande, Espagne, Allemagne…). En attendant, le 10 octobre prochain sera élu le «pied en or». En plus du jury, constitué de Timoumi, Hmidouch et Talib, il y aura le vote du public, via SMS.
L’heureux gagnant aura droit à deux semaines à passer chez le club le plus titré au monde : le Real Madrid. Et ce n’est pas tout, une prime d’environ 100.000 DH sera attribuée au vainqueur.
Comme toutes les émissions de téléréalité, celle du « Pied en or» a fait des dégâts : les joueurs éliminés après quelques jours passés dans la célébrité. Coup psychologique dur à supporter, d’autant plus que les candidats, qui représentent en même temps leurs villes, n’avaient que quelques jours pour montrer tout leur talent. Et les témoignages sont nombreux. «J’ai abandonné les études pour faire une carrière de footballeur. Car depuis mon jeune âgé, je rêve de devenir un grand joueur», témoigne un candidat. Pour Hamidouch, ces joueurs doivent aller jusqu’au bout. «C’est vrai que la plupart étaient déçus car deux semaines, c’est peu dans le football, mais nous allons essayer de trouver des clubs pour ceux qui ont brillé le plus», a affirmé Hamidouch. L’émission «Pied en or», dont le budget est estimé à 16 millions de DH, n’est qu’à ses débuts. Beaucoup reste à faire. «Une fois l’émission terminée, nous allons établir un bilan pour avoir une idée sur ce qui a été fait et ce qui reste à faire», a tenu à faire remarquer ce dernier. Mais elle a déjà le mérite d’avoir occuper un terrain qui n’est pas le sien, à savoir le social.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *