Polémique autour du film de Dhorasoo

Le projet de film de Vikash Dhorasoo à partir d’images tournées lors du Mondial-2006 a soulevé mardi des questions au sein de l’équipe de France de football, même si l’intéressé, désormais en retrait des Bleus, affirme que son "journal intime" ne contiendra pas d’images volées.
Le film n’est pas encore visible, mais il suscite déjà bien des réactions. Mardi, le sélectionneur de l’équipe de France Raymond Domenech, qui refuse d’y apparaître, et le nouveau capitaine des Bleus, Patrick Vieira, se sont en effet inquiétés des images que compte dévoiler Dhorasoo.
Le milieu du terrain du PSG, qui avait annoncé la semaine dernière que l’équipe de France ne l’"intéressait plus", est donc intervenu sur RMC pour essayer de rassurer tout le monde : «Ce n’est vraiment pas les «Yeux dans les Bleus», a-t-il expliqué en référence au documentaire à succès tourné en 1998 dans les coulisses de l’équipe de France championne du monde. Il n’y aura pas d’images d’autres joueurs, pas d’images collectives, pas d’images de vestiaires, de matches ou d’actions de jeu».
«Je ne me serai jamais permis de prendre des images et du son à l’insu des gens», a-t-il ajouté en réponse à la Fédération française (FFF), qui a annoncé son intention de vérifier que le film n’allait pas à l’encontre du droit à l’image des personnes filmées.
Dans « Le Parisien », le directeur général adjoint de la FFF, Jean Lapeyre, a en effet rappelé mardi que «toute diffusion d’images touchant à l’équipe de France, que ce soit sur le terrain ou dans sa préparation, doit faire l’objet d’une autorisation de notre part». «Pour l’instant, il n’y en a pas eu», ajoutait-il. Une version reprise par Raymond Domenech mardi. «Les règles sont simples dans ce genre de grandes compétitions : on n’a pas le droit de montrer l’image d’un maillot ou le visage d’un autre joueur parce qu’ils appartiennent à l’équipe de France», a rappelé le sélectionneur, qui ne donnera pas son accord pour apparaître. Vieira a pour sa part appelé Dhorasoo à un certain devoir de réserve : «Je n’étais pas au courant, je suis surpris. Il faut qu’il fasse attention, parce que c’est une vie de groupe. Il y a des choses qu’on ne peut pas dévoiler».
«Je n’ai pas besoin de demander d’autorisation puisque le film, il est sur moi, il n’est pas sur les autres, a rétorqué Dhorasoo. C’est mon histoire. C’est comme si j’avais fait un journal intime et que je le publiais. Ma caméra Super-8 c’était un peu mon stylo». «Je crois qu’il faudra discuter avec M. Escalettes et, pourquoi pas,  lui montrer le film pour qu’il voie ce que c’est exactement. En cinq minutes, il aura bien compris que c’est un film sur moi», a-t-il ajouté, répétant : «Il n’y a rien qui va à l’encontre des droits des uns et de autres». Le principal point de discorde entre Dhorasoo et les Bleus tient au fait que le joueur n’a semble-t-il pas prévenu ses ex-partenaires ou sélectionneur de son projet. «J’ai vu qu’il filmait pendant le Mondial, mais j’ai pensé qu’il s’agissait de souvenirs personnels», a expliqué le président de la FFF, Jean-Pierre Escalettes, alors que Raymond Domenech pensait qu’il s’agissait d’un "souvenir, un film pour lui".
«L’idée de ce film était difficile à expliquer», s’est justifié Dhorasoo qui avait récemment expliqué que ce projet, pour le moment sans diffuseur annoncé et qui devrait s’intituler "Substitute" (remplaçant, en anglais), permettrait de mieux comprendre sa Coupe du monde, où il fut sur le banc le plus clair du temps.
Raymond Domenech, lui, a livré sa première explication, un peu sèche: «Quand on est dans un groupe et qu’on filme, on fait un autre métier, on est spectateur des autres, donc on est moins acteur.»

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