Powell ou le paradoxe de l’épreuve reine

Le Jamaïcain Asafa Powell, malgré des chronos qui frôlent régulièrement son record du monde du 100 m (9 sec 77), ne parvient pas à empêcher la banalisation de l’épreuve reine de l’athlétisme, orpheline de l’Américain Justin Gatlin. Powell a couru en 9 sec 89 samedi à Stuttgart, en finale du Tour mondial, soit pour la septième fois cette saison en dessous des 9 sec 90. Egalement son douzième chrono sous les 10 secondes depuis début mai.
Cette densité impressionnante et unique dans les annales s’est heurtée pourtant au mur que le Jamaïcain a érigé le 14 juin 2005 à Athènes.
«Le fait que Gatlin ait égalé le record (NDR: en mai dernier à Doha), puis que Powell lui-même ait recouru cette année deux fois en 9.77, a rendu le chrono ordinaire», explique un entraîneur.
«Ce qui fait rêver, c’est le centième en moins. Et puis le public a été dépossédé du duel entre Powell et Gatlin qui n’a pas eu lieu finalement», remarque le Namibien Frankie Fredericks, champion du monde du 200 m en 1993 à Stuttgart.
Décidément, Powell, 23 ans, n’a pas de chance. Eliminé pour faux départ en quart de finale des Mondiaux 2003 à Paris, après avoir réalisé le meilleur temps des séries, ce fils de pasteur avait surtout échoué aux JO d’Athènes, cinquième de la finale remportée par Gatlin. L’an dernier, il avait dû renoncer, en raison d’une blessure aux adducteurs, aux Mondiaux d’Helsinki où Gatlin s’était imposé sur 100 et 200 m.
Et la confrontation tant espérée, sur la durée et non épisodique, entre les deux titans n’a pas eu lieu en 2006. Gatlin risque une suspension de plusieurs années pour son contrôle positif à la testostérone le 22 avril aux Kansas Relays. S’il n’a jamais douté de lui, le Jamaïcain doit désormais compter avec l’usure d’une saison éprouvante et les risques de blessure.

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