Quand la notion d’infraction tient à un cheveu

Une poignée de sportifs, qui ont pris des médicaments dans l’espoir d’éviter la chute des cheveux, peuvent s’arracher ceux qu’il leur reste de la tête: non seulement ce produit, le finastéride, leur a valu une suspension pour dopage, mais l’an prochain, son utilisation sera tout à fait permise. Le finastéride, qui entre dans la composition de plusieurs traitements pour prévenir la calvitie, figure dans la liste des substances interdites par le Code mondial antidopage. Il faudra dire bientôt «figurait», car à partir du 1er janvier 2009, le finastéride sera retiré de cette liste noire. Non pour ses effets sur les performances, qui sont nuls, le finastéride était mis à l’index depuis 2005 parce qu’il a la capacité de masquer la prise de stéroïdes, catégorie poids lourds dans l’arsenal des produits dopants, lors des contrôles antidopage. Avec les progrès de la recherche scientifique, les laboratoires sont aujourd’hui capables de déjouer cet effet masquant, ce qui a incité l’Agence mondiale antidopage (AMA), qui révise chaque année sa liste, à réhabiliter ce médicament. En quatre ans, plus d’une dizaine de sportifs de divers horizons, du joueur de tennis argentin Mariano Hood au footballeur Romario, en passant par le gardien de hockey sur glace canadien José Théodore, ont été contrôlés positifs au finastéride.
Si des traces de stéroïdes ont été détectées en même temps dans les urines des athlètes français Nordine Gezzar et Latifa Essarokh, ce qui laisse peu de doutes sur leurs intentions, d’autres se sont retrouvés plutôt par négligence avec l’étiquette de dopés sur la tête.
«Je n’ai pas eu de chance», estime le bobeur monégasque Sébastien Gattuso, qui avait été contrôlé positif au finastéride en octobre 2005, soit dix mois après que le médicament fut interdit. Tous les certificats qu’il avait fournis pour tenter de prouver qu’il suivait ce traitement depuis quatre ans en toute bonne foi n’avaient pas suffi. Fautif, il l’était de n’avoir pas demandé «»une autorisation d’usage thérapeutique»», comme le spécifie le règlement.


• Stéphanie Pertuiset (AFP)

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