Quand les forfaits deviennent une mode

Les clubs qui se disputent le championnat national se suivent dans leurs menaces et déclarations de forfaits et se ressemblent dans les raisons qui les poussent à agir de la sorte. Le tour maintenant est à la jeunesse Massira de Laâyoune. Le club, en situation de crise financière depuis des années, a fini par céder et menace de déclarer forfait pour la prochaine journée du championnat GNF-1. La raison de cette décision n’est autre que le manque de moyens.
Un obstacle désormais insurmontable. «Cette situation matérielle menace la stabilité de l’équipe, du fait du déficit financier dont souffre l’équipe», estime, plaintif, le président du JSM, Hassan Derham. L’équipe ne dispose en effet d’aucune ressource financière à même de lui assurer une présence le week-end prochain à Rabat ni son bon fonctionnement sur le moyen et long termes. Une situation face à laquelle les joueurs ne peuvent que rendre leurs maillots, du moins le temps de trouver une solution. Une situation qui en rappelle d’autres, notamment celle du Raja de Béni Mellal qui, incapable de faire le déplacement jusqu’à Rabat où il devait affronter les FAR, a tout simplement décidé de ne pas y aller, déclarant ainsi forfait et accordant trois précieux points et sans coup férir à l’équipe militaire.
Les responsables ont finalement décidé de jouer les matches restants du championnat, mais avec l’équipe des jeunes. Bien avant, et plus précisément en avril dernier, le CODM était sur le point de déclarer forfait général et de se retirer du Championnat. Il aura fallu attendre jusqu’à ce qu’une réunion ait lieu entre les membres du comité dirigeant et le wali de la région Meknès-Tafilalt pour que les responsables décident de surseoir à leur décision.
Les équipes en mal de financement sont légion au Maroc. Un constat qui se vérifie au fil des journées et qui s’ajoute au manque d’intérêt qu’affiche le public devant les matches du championnat. Il s’agit d’un véritable phénomène de mode chez les clubs. Les arguments avancés sont toujours les mêmes et ont toujours trait à des crises d’ordre financier.
Les responsables d’équipes, qui sont pourtant là afin de garantir la bonne marche de leurs équipes, semblent loin de s’en soucier et se contentent d’attirer l’attention sur leur « misère » et de brandir leurs menaces de se retirer à chaque fois que la situation de leurs clubs tourne mal.
Des programmes prévisionnels, l’état de la trésorerie, la notion de budget, la gestion des clubs comme étant des entreprises lucratives…tout cela semble être l’apanage exclusif des clubs européens. Défaitisme, passivité et manque de vision, c’est cela notre football. L’absence de textes clairs et nets, de la Fédération royale marocaine de football, stipulant la présentation d’un cahier de charges par les équipes au début de chaque saison aggrave davantage ce problème.
Le changement de cette donne est prévu par le ministère de la jeunesse et des sports, mais sa concrétisation tarde, comme bien de projets et décisions, à venir. Les clubs y vont journée par journée jusqu’à ce que les fonds en viennent à manquer. Un arrêt aussi immédiat qu’inattendu s’en suit. Une gestion qui relève de l’amateurisme pur et simple dans un championnat qui se veut dans les années à venir professionnel.
Au-delà des intentions que l’on tient à afficher, les mille et une ambition pour hisser le niveau du sport en général, au Maroc, et du football en particulier, le ballon rond est dans le marasme. Il a déjà beaucoup perdu de son charme et de sa capacité à attirer les foules vers les stades.

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