Quarts de finale : Espagne-France : Effacer le souvenir de 2006

Quarts de finale : Espagne-France : Effacer  le souvenir de 2006

L’Espagne championne du monde et d’Europe, qui partira favorite face à la France samedi en quart de finale de l’Euro-2012, veut rester d’autant plus prudente qu’elle garde en tête le traumatisme de l’élimination contre les Bleus en 8e de finale du Mondial-2006. Les duels entre les deux Nations ont toujours débouché sur des matches très disputés, parfois tendus, laissant des traces dans toutes les mémoires, y compris dans celles des joueurs. Mais côté espagnol, des souvenirs de douloureux revers contre la France pourraient ressurgir à l’approche de cette nouvelle empoignade à Donetsk. Car le regard dans le rétroviseur s’avère plutôt favorable aux Bleus. Si au bilan général, l’Espagne sort en tête (13 victoires, 11 défaites et 6 nuls), la France est en revanche invaincue face à la Roja dans les matches qui comptent (Mondial et Euro, qualifications comprises) avec 5 victoires et un nul. Si la défaite en finale de l’Euro-1984, à Paris, contre les Bleus reste cruelle, en raison de la bévue de Luis Arconada (dont le nom est depuis entré dans le vocabulaire footbalistique français) sur un coup franc de Michel Platini, le 8e de finale du Mondial-2006, dernière rencontre officielle en date, demeure une plaie pas tout à fait pansée pour les Espagnols. La presse ibérique, sûre d’elle et de ses joueurs, avait prématurément annoncé la «mise à la retraite» de Zidane et des siens. Mais les «vieux» Bleus s’étaient rebiffés, l’emportant 3-1 grâce notamment à un but signé «Zizou». Depuis, six ans se sont écoulés, guidant l’Espagne vers ses destinées de championne du monde et d’Europe et la France vers une lente agonie ponctuée par le désastre de Knysna, dont les Bleus tournent seulement aujourd’hui la page.
Mais pour l’actuel sélectionneur espagnol Vicente Del Bosque, la désillusion de Hanovre, doit être une piqûre de rappel encore valable. «J’ai gravé une image du Mondial-2006. Nous avions sous-estimé les Français qui étaient si «vieux»… C’est une habitude très espagnole de ne pas faire attention aux adversaires», relevait-il mercredi au micro de la radio Onda Cero. Contrairement aux attitudes de l’époque, c’est donc cette fois la prudence et la modestie qui prévalent au sein de la Roja. Un son de cloche à peine atténué par Jesus Navas, buteur contre la Croatie (1-0): «Nous nous sentons en confiance et plus que tranquilles». Nul doute que l’ailier, guère concerné par le passé, préfère se projeter sur l’Histoire qui reste à écrire… «La France est une équipe qui aime bien produire du jeu, comme nous. Je m’attends à un match débridé, avec des possessions du ballon longues de part et d’autre», prévoit de son côté Victor Valdes. «Le huitième de finale de 2006, je l’avais vu chez moi. Je me souviens d’un match très disputé. Cela confirme seulement que les deux équipes ont des formes de jeu assez similaires, qu’elles sont portées vers l’attaque toutes les deux», entrevoit encore Valdes qui, âgé à l’époque de 24 ans, n’avait pas réussi à se faufiler dans le groupe des 23. Derrière ces analyses ne transpire pourtant pas l’envie de revanche qui pourrait animer les Espagnols. Si l’Espagne peut légitimement trouver une motivation particulière à enfin battre et éliminer la France dans une compétition internationale, celle-ci ne devrait qu’agrémenter son réel objectif, bien plus grand encore: tenter de réaliser d’ici trois matches un inédit et historique triplé Euro/Mondial/Euro.

 

Christophe Lehousse (AFP)

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