Rachid Ramzi : «Boulami est innocent»

ALM : Comment étaient vos débuts en athlétisme?
Rachid Ramzi : J’ai commencé avec l’Olympic de Safi en 1997, année durant laquelle j’ai remporté le championnat du Maroc en 800m et 1500m. Une année plus tard, j’ai été sélectionné pour faire partie de l’équipe nationale qui a participé au championnat du monde Juniors en France. Je n’ai pu y aller pour cause de blessure. En 1999, j’ai pris part au championnat d’Afrique à Tunis et j’ai remporté la médaille d’argent sur le 1500m. Durant l’année 2000, je n’ai pu suivre mes entraînements régulièrement. Et pourtant, j’ai pu réaliser mon meilleur temps sur le 1500m. En 2001, j’ai rencontré Khalid Boulami et j’ai intégré l’équipe qu’il entraînait.
Et votre départ pour le Bahreïn?
Pour être franc avec vous, je n’ai jamais eu l’idée de quitter le Maroc pour un autre pays. J’ai commencé mes entraînements en début de saison. J’avais l’intention de participer à un meeting en Allemagne, mais je n’ai pu avoir mon visa à temps, à cause de l’insouciance et du je-m’en-foutisme de la fédération. En juin 2002, j’ai été contacté par des athlètes saoudiens, avec qui j’avais couru plusieurs meetings. Ils m’ont informé que la fédération bahreïnie cherchait des athlètes marocains, algériens et tunisiens.
Sachant que j’étais intéressé, les Bahreïnis sont venus au Maroc pour nous voir, Abdelkabir Laïrabi et moi-même. Abdelhak Lgourch les a contactés tout seul après. Pour ce qui est de Rachid Khouya, les responsables bahreïnis sont allés le voir en France où il résidait clandestinement.
Leur offre était-elle si alléchante?
J’ai pris la décision de partir en n’étant nullement mû par des considérations d’argent. Je voyais qu’au Maroc, on ne prenait pas la peine d’encourager les jeunes athlètes. Mais pour revenir aux problèmes d’argent, je percevais un salaire de 500 DH tant que je m’entraînais avec la sélection. Ce salaire était auparavant de 300 DH. En cas de blessure, ce salaire cessait d’exister. La première des choses que les Bahreïnis nous ont donnés est un emploi au ministère de la Défense.
Votre démarche était-elle légale?
Tout à fait. La loi stipule que chaque athlète n’ayant pas joué avec son équipe nationale plus de deux ans pouvait changer de nationalité et courir immédiatement sous les couleurs de son pays d’accueil.
Il se trouvait que je n’avais pas couru, une compétition régionale, continentale ou internationale en équipe nationale depuis deux années et deux mois. Je n’ai en aucun cas enfreint la loi.
Et Khalid Boulami dans tout cela?
Comme je vous l’ai dit. Khalid n’a rien à voir dans cette affaire. Il était mon entraîneur et c’est ce qui les a poussés à l’accuser à tort. Khalid n’a eu vent de mon départ pour le Bahreïn qu’après le meeting de Stockholm, le premier que j’ai couru en tant que Bahreïni. Il a par la suite rencontré les responsables bahreïnis qui ont émis le souhait de le voir encadrer les athlètes. Il n’y a aucun contrat liant la fédération de ce pays arabe avec ce cadre technique.
Vous avez intégré la sélection du Bahreïn alors que vous souffriez d’une blessure ?
J’ai contacté cette blessure juste après les championnats d’Afrique en 1999. Il s’agissait d’un problème au ligament du genou gauche. Durant les deux années suivantes, je continuais à m’entraîner tout en prenant des antalgiques et des anti-inflammatoires.
Ce n’est que lors d’un stage au sein de l’équipe bahreïnie en France que les douleurs sont réapparues. Après plusieurs examens, une intervention chirurgicale s’est imposée. Les médecins m’ont donné le choix de me faire opérer immédiatement ou après les Jeux Asiatiques de Busan. J’ai choisi la deuxième option.
Et vous avez brillé durant ces jeux.
Je connaissais le niveau asiatique et, sans aucune prétention aucune, j’étais sûr de pouvoir faire un bon résultat. Je suis fier de ma médaille d’or asiatique.

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