Rachid Yatribi : Le fils prodige du FUS

Rachid Yatribi : Le fils prodige du FUS

Le rendez-vous s’était donné à la gare de Rabat-Agdal en fin d’après-midi du dimanche dernier. Au milieu du hall, se tenait un homme très grand à la barbe sel et poivre. Il se confondait dans la foule des usagers des chemins de fer marocains dans cette fin de week-end. Le sourire éclatant. L’attitude affable. Il passait inaperçu au milieu de tant de gens pressés, désireux de ne pas manquer leur train. De temps à autre, un passant, reconnaissant l’homme, lui lançait un « Félicitations pour la Coupe ». Timide mais avec une lueur de fierté dans le regard, il lui répond, humblement : «merci».
Vous l’avez peut-être deviné, c’est de Rachid Yatribi, entraîneur du FUS section basket-ball qu’il s’agit. La scène se passe le lendemain de la victoire du club à la Coupe du Trône de basket-ball. Un titre que le coach r’bati lorgnait depuis plusieurs années déjà. Lors des deux précédentes éditions, en 2003 et 2002, l’équipe de Rachid Yatribi se trouvait à deux doigts de remporter Dame Coupe. Mais elle a toujours buté sur l’expérience, la détermination et le savoir-faire d’une équipe du MAS, qui avait eu le dernier mot à deux reprises. «Cette rivalité avec le MAS épice le championnat national et la compétition de la Coupe du Trône. Chacune de nos rencontres avec les Fassis revêt un caractère spécial. Mais cette année, on les a éliminés en demi-finale», estime le coach fussiste. Et d’analyser avec fair-play : « la grande force du MAS réside dans son merveilleux public. On a tendance à lui envier cet appui inconditionnel». Cette première Coupe du Trône de Rachid Yatribi avec le FUS n’est que la consécration d’une longue carrière en tant que joueur et cadre technique par la suite. Une histoire qui a commencé en jouant avec une petite balle de tennis.
C’était en 1972. Âgé de 12 ans, le jeune Rachid accompagnait un voisin basketteur à ses séances d’entraînement au sein d’une école de la Jeunesse et Sports à Rabat. L’enfant appliquait alors les consignes du coach, l’ancien DTN M. Kettani, sur sa petite balle jaune. Talentueux, il a vite été appelé à faire partie de l’équipe. Mais la maturité technique et tactique du prodige a eu lieu au sein du FUS, club dont il a intégré les seniors en 1979 et avec lequel il a remporté plusieurs compétitions dont le championnat maghrébin en 1985. Ce long parcours avec le club r’bati a été cependant interrompu au début des années 90 avec un passage de deux années à l’équipe de la BMCI. La saison 1995-1996 a constitué un tournant dans la carrière de Rachid Yatribi. Durant cette année, il portera la double casquette de coach et de joueur au sein du FUS. «Une chose que beaucoup de gens n’ont pas appréciée. Mais heureusement, celle saison-là, nous avons joué une demi-finale de la Coupe du Trône ainsi que la finale du championnat, toutes deux perdues contre le MAS ». Avec l’équipe nationale, il a pris part à de nombreuses compétitions régionales, continentales et internationales, et ce de 1983 jusqu’à 1992. En tant qu’entraîneur également, il a pris en main les rênes de l’équipe nationale espoir pendant deux années avec notamment une quatrième place au Tournoi international de Jordanie à l’été 2002.
Le basket est donc une affaire de famille chez les Yatribi. En plus du frère de Rachid, qui a évolué au sein du MSR entre autres, sa fille, Niîma, âgée de 11 ans, est en train de suivre les pas de son père. « Au lendemain de la victoire, elle a formulé le souhait de jouer au basket-ball. Dimanche matin, elle a même passé une heure et demie à l’école du FUS ». Elle voudrait peut-être partager avec son papa cet amour du sport ainsi que ses plus beaux moments, ceux passés à caresser la grosse balle orange, mais surtout, à se retrouver au sommet du basket-ball national. «Aucune joie n’égale celle de remporter un titre», conclut-il.

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