Recherche finances désespérément

«Pour pouvoir survivre, les clubs marocains se trouvent dans l’obligation de chercher d’autres moyens de financement autres que le traditionnel sponsoring ou les subventions octroyées par la Fédération royale marocaine de football ou le ministère de tutelle». Les propos sont ceux d’un homme qui connaît très bien le football, non national mais également continental et mondial. Et le membre du Comité éxécutif de la Confédération africaine de football (CAF) sait de quoi il parle. La situation actuelle des clubs évoluant dans le championnat du Groupement national de football (GNF) lui donne raison. La plupart des clubs marocains, si ce n’est tous, croulent sous les dettes. Nombreux sont ceux qui évoluent sans l’apport d’aucun sponsor. Nombreux sont ceux également qui ne rentrent pas dans leurs frais. Les déficits deviennent de plus en plus lourds à supporter et les finances des équipes en deviennent les premières victimes. Les subventions octroyées par la FRMF et le département de tutelle ne suffisent plus à couvrir les dépenses des clubs. Pour sortir de cette situation qui ne fait que les pénaliser, plusieurs clubs ont complètement changé de cap. Ils se sont lancés dans une véritable chasse à de nouvelles ressources. Leurs choix partaient de la conclusion de nouveaux contrats de partenariat et de nouvelles méthodes de management sportif, qui prône la gestion des affaires d’un club telle une entreprise dont l’unique but est de gagner de l’argent. C’est le cas du Chabab Mohammedia, club souffrant depuis le début de la saison de graves problèmes financiers. En fin de semaine dernière, le SCCM, désormais dirigé par un comité provisoire après la démission collective de son bureau dirigeant, a signé un nouveau contrat de partenariat avec la Samir. D’une durée de trois années, ce contrat permet au club de Mohammedia de profiter de la somme de trois millions de dirhams durant toute sa durée. Le club pouvait d’ailleurs disposer de la première tranche de cette somme, soit un million de dirhams pour la saison 2003-2004, à partir de cette semaine. «Cette convention vient sauver le club qui traverse une véritable crise financière puisqu’à court d’argent depuis le début de la saison. Une situation qui s’est vite reflétée sur les résultats de l’équipe en championnat», estime Mohamed Naciri. Le CODM est une autre équipe qui s’est lancée cette année dans la recherche de nouveaux modes de financement. L’astuce trouvée cette fois-ci par les dirigeants meknassis est de mettre à la disposition d’une marque de supermarché un terrain jouxtant le stade municipal de la capitale ismaïlienne moyennant quelque deux millions et demi de dirhams par an. Une somme qui devrait permettre au club meknassi, auteur d’un excellent début de saison, de subvenir à ses besoins. L’enseigne devrait ouvrir ses portes vers le dernier trimestre de l’année 2004. Mais le projet le plus ambitieux est à mettre à l’actif de la Renaissance sportive de Settat. Au lendemain de son forfait en championnat de première division, les dirigeants de la RSS ont déclaré avoir reçu une offre d’une entreprise casablancaise désirant assurer la gestion du club. Ce dernier devrait alors procéder à un changement de son statut, d’une association sportive à but non lucratif, à une société à objet sportif à but lucratif. Un changement tout à fait légal et qui est prévu par l’article 44 de la loi sur le sport et la jeunesse de 1989. Ce changement est d’autant plus salutaire pour cette discipline que la plupart de ses maux proviennent d’une gestion marquée par l’amateurisme et donc inefficace. «Il est grand temps que notre football soit géré d’une manière professionnelle, la seule à même de garantir un véritable essor de la pratique footballistique dans notre pays», estime Saïd Belkhyat. Ceci dit, la majorité des clubs nationaux, tant en première qu’en deuxième division, ne disposent même pas d’un seul sponsor. Le champion national pour deux années successives, le Hassania d’Agadir, vit cet état de fait alors qu’il était même en lice de son premier titre national. De grands clubs, au glorieux passé, comme le Wydad de Casablanca, le Kawkab de Marrakech ou le KAC Kénitra, traversent une grave crise financière, ne trouvant même pas de quoi payer les arriérés de primes et de salaires des joueurs et du staff technique. Même le grand Raja n’a pas échappé à cette règle. Le club de la capitale économique, dont l’image est pourtant commercialisée par une entreprise spécialisée en marketing sportif, a accusé un déficit de plusieurs millions de dirhams pour le dernier exercice.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *