RMC face à la colère de ses concurrents

Après TF1, qui a décroché l’exclusivité de retransmission des matchs de la Coupe du monde 2002, c’était au tour de la station radio RMC de lui emboîter le pas. La radio française s’est octroyée, auprès du groupe allemand Kirch, les droits radiophoniques exclusifs pour la France de l’événement sportif le plus médiatisé de la planète. La chaîne radio n’a pas lésiné sur les moyens. Elle a débloqué la bagatelle somme de 564 000 euros pour couvrir l’événement, soit l’équivalent de 3,69 millions de FF. La nouvelle a fait beaucoup de bruit. Et pour cause, les autres radios françaises n’auront pas le droit de commenter les matchs en direct. Pour les concurrents directs de la RMC, cet accord a été qualifié d’entorse au droit à l’information. Pour Marie-George Buffet, ministre de la Jeunesse et des Sports « Le CSA est saisi, il doit recevoir le président de RMC». Outre son embarras, la ministre ne pouvait dissimuler son impuissance. «Tant que la loi sur les droits à l’exclusivité avec possibilité de donner 90 secondes de retransmissions est appliquée, je ne peux pas intervenir», a-t-elle indiqué. La nouvelle s’est propagée comme une drainée de poudre et a provoqué la colère des chaînes radios concurrentes. Ceci explique cela, leur réaction n’allait pas tarder. Depuis mardi dernier, un groupement d’intérêt économique (GIE) a été mis en place, constitué de Radio France, Europe 1, RTL et RFI. Ces derniers sont allés plus loin encore. Ils ont demandé à RMC de les rejoindre, mais cette dernière ne semble pas décidée à lâcher le morceau. Certes, c’est son droit le plus légitime, mais, sur le terrain, la station ne dispose pas de tous les atouts nécessaires pour la couverture d’une manifestation de grande envergure comme la Coupe du monde 2002. Sa couverture géographique est limitée, notamment dans le nord de la France. Cela devrait l’obliger à revendre une partie de ses droits. Pour tirer leur épingle du jeu, les quatre radios laissées pour compte ont décidé de passer à l’offensive. Mercredi, des membres de leur direction devaient rencontrer des dirigeants du Groupe allemand Kirch à Londres. Les discussions promettent d’être rudes et serrées pour le partage du gâteau entre les différentes parties. Quant au Groupe allemand Kirch il sort gagnant de cette opération. Il possède toutes les cartes pour semer la zizanie au sein du paysage médiatique français.

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