Ronaldo, le revenant

R comme règne total sur le football mondial. Comme le rêve de remporter la coupe du monde, de l’avoir réalisé. R, c’est aussi Rivaldo, Ronaldinho et surtout Ronaldo. R comme revenant. Parce ce que ce dernier revient en effet de très loin, après une période de trois ans durant laquelle le surnommé «El Fenomeno» a plongé dans le doute.
Les blessures n’ont cessé de se suivre, toujours dans le genou droit. La fin de Ronaldo s’annonçait imminente. Mais voilà qu’une reprise aussi soudaine que décisive a eu lieu, dans un moment où le Brésil avait le plus besoin d’une pierre angulaire sur laquelle le pays pouvait bâtir un succès au Mondial-2002 de football.
Cette pierre angulaire, le «Ronald’or» l’a bel et bien été. Auteur de 8 buts sur un total de 18 marqués par son équipe tout au long de la compétition, et dont deux en match final contre l’Allemagne, c’est le lieu de dire que le football brésilien est une histoire de magie. A 25 ans, le Ballon d’or 97, meilleur buteur (8) du Mondial-2002, vient d’ajouter un nouveau sacre à son palmarès. Celui du meilleur buteur brésilien en phase finale de Coupe du monde à égalité avec Pelé (12). Et dire que le chouchou de la Seleccao est revenu en sélection pas plus tard que fin mars, après 30 mois d’absence. En l’espace d’un mois, Ronaldo est redevenu Ronaldo, le meilleur joueur du monde.
Après de longs moments de souffrance et de frustrations, le joueur de l’Inter Milan affiche son bonheur de jouer à nouveau. «Je réalise petit à petit ce qui s’est passé», a-t-il déclaré juste après la finale de la Coupe du monde remportée dimanche par son pays grâce à ses deux buts. Son titre de meilleur réalisateur du tournoi, il ne l’a certainement pas volé. Depuis 32 ans, aucun joueur n’avait marqué autant de buts au cours de la même Coupe du monde. «Ma grande victoire, c’est d’être revenu sur le terrain, de jouer au football et de marquer des buts. Je pense que même si nous avions perdu j’aurais pris une revanche personnelle en jouant à nouveau.» En effet, et épaulé par son préparateur physique Nilton Petroni, «il Fenomeno» est revenu au sommet, faisant définitivement taire ses critiques qui le disaient fini.
Une ascension fulgurante marquée par des coups sévères du sort. A 17 ans, la petite merveille faisait déjà partie de l’équipe brésilienne sacrée championne du monde en 1994. Très vite il allait se frotter à l’élite du football européen, d’abord au PSV, puis au Barça, et enfin à l’Inter. Mais ses jeunes genoux n’allaient pas tenir la pression et il était opéré une première fois. Il avait moins de 20 ans à l’époque. Encore convalescent, il allait participer à la Coupe du monde 1998 en France, une compétition où le Brésil avait perdu en finale par 2-0 et qui allait sceller son déclin, même s’il y avait marqué quatre buts. Un an après, Ronaldo arrêtait pour être opéré du genou droit. Son come-back en 2000 prenait une tournure dramatique quelques minutes après son retour sur la pelouse, avec une rupture du ligament… Retour sur la table d’opération, et nouvelle convalescence. Dimanche, le prodige a retrouvé le pinacle, et pour lui l’avenir semble sans limites. Qui va pouvoir arrêter le roi de la samba des temps modernes?

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