Rossi, le rempart

Rossi, le rempart

Il est le plus discret,mais il n’en est pas le moins talentueux. Mais que sait-on de l’homme qui se cache derrière ce formidable joueur ? Pas grand-chose en fait, puisqu’il n’aime pas parler de lui. Youssef Rossi fait partie de ceux qui réussissent leur carrière sans pour autant être très médiatiques. En effet,beaucoup de supporters marocains sont loin d’imaginer toute l’étendue de sa popularité. Né en 1973, il a d’abord évolué dans les rangs de l’Association de la Centrale Laitière avant la fusion de cette dernière avec le Raja de Casablanca. Il faut signaler qu’en parallèle, Rossi exerçait un sport de combat, un art martial du nom de l’Aïkido. Sa grande aventure avec les Aigles verts va l’aider à forger un palmarès impressionnant. Quatre titres consécutifs de champion du Maroc,une coupe du trône et une coupe afro-asiatique. Lors de cette période, il a côtoyé de grands talents comme Réda Ryahi, Salaheddine Bassir, Mustapha Moustaoudaâ, Abdelkrim Nazer, Jamal Sellami et bien d’autres. Alors adolescent, il a toujours été impressionné par le roc légendaire des Lions de l’Atlas des années 80, en l’occurrence Mustapha El Biaz. « Il était mon idole, mon exemple à l’intérieur comme à l’extérieur du terrain», se souvient Rossi en souriant. Quelques années après, lorsqu’il endossa le maillot des Aigles verts, le public l’a tout de suite comparé à son idole. Il lui ressemble en effet en étant tout aussi courageux et fougueux quand il s’agit de défendre les lignes de la sélection marocaine. Un dévouement sans limites au maillot national. C’est donc tout naturellement que les prestations de Youssef le conduiront en équipe nationale, évoluant alors sous la houlette de Henri Michel. Commença alors une belle épopée du Onze national qui allait être couronnée par la belle prestation des compagnons de Hajji et Bassir en France en 1998. Mais avant la coupe du monde, Rossi avait pris les chemins du professionnalisme en intégrant les rangs du club français de Rennes pour trois saisons successives. Puis, il met le cap sur les Pays-Bas, pour une autre expérience avec l’équipe de Naemgen avant d’aller à Dunfermline en Ecosse. En dehors des stades, Rossi se veut un être ordinaire, un monsieur tout le monde. Il adore écouter la musique dont il doit pratiquement « se nourrir » chaque jour. Mais au-delà du foot et du sport en général, l’amour du pays a toujours pris le dessus dans le coeur de Youssef. Mais que pense-t-il de la nouvelle formation des Lions de l’Atlas ? Visiblement il est optimiste « Ce n’est pas très convaincant, mais le talent existe et je pense comme j’espère qu’ils auront leur mot à dire lors de la CAN 2004 » dit-il. Cependant, il défend farouchement l’entraîneur national. Youssef estime en effet que les sélections les plus réputées en Afrique ont toujours privilégié le cadre local comme c’est le cas en Tunisie et en Egypte. De retour au Raja pour le reste de la saison, Rossi n’a pas manqué de remarquer le changement survenu en ce qui concerne le niveau du championnat national. «J’ai noté que, depuis l’année 1999, le niveau de la compétition et du joueur local a nettement baissé. Mais en même temps en ces deux dernières années, la compétition reprend du poil de la bête avec l’émergence de nouvelles équipes qui jouent les rôles prépondérants comme le Hassania, le CODM ou encore l’OCK. On est loin des temps où seules deux ou trois équipes se relayaient sur le titre. Cependant, je suis persuadé que le talent existe autant que dans les meilleurs pays du foot comme le Brésil. Ce sont les moyens et uniquement les moyens qui font défaut». Il devait jouer avec l’équipe des FAR dans un premier temps, mais il ne sait pas comment il s’est retrouvé dans les bras de l’équipe-mère qu’est le Raja. Un groupe où la jeunesse et l’expérience se rencontrent pour former un collectif varié mais soudé. Vers la fin de la saison, Youssef prendra le chemin du Golfe, pour une nouvelle expérience.

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