Route du Rhum : toujours plus vite !

L’exploit de Lionel Lemonchois dans la Route du Rhum à la voile, remportée lundi en 7 jours et 17 heures, force l’admiration, mais les spécialistes sont formels : avec des conditions météo favorables, les multicoques peuvent encore aller beaucoup plus vite…
Chaque fois qu’un record est amélioré, le commentaire est le même : cette fois, il sera dur à battre. Pourtant, l’expérience montre que les records continuent de tomber et que les multicoques, qu’ils soient menés en solitaire ou en équipage, sont de plus en plus rapides.
Améliorer de 5 jours le temps de référence établi en 1998 par Laurent Bourgnon entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre, c’est sans précédent et s’explique par une combinaison de facteurs: skippeur hors pair, trimaran performant et fiabilisé (Gitana XI avait, sous le nom de Belgacom, déjà accumulé des milliers de milles), mer (relativement) plate et vents de force moyenne, soufflant régulièrement, absence de bulle anticyclonique aux Açores, synonyme de calmes et de ralentissement. La moyenne réalisée entre la Bretagne et les Antilles (19,11 noeuds/35 km/h) est certes impressionnante mais les 60 pieds (18,28 mètres) modernes comme Gitana XI sont capables de dépasser les 35 noeuds (près de 65 km/h) pour peu que la mer s’y prête.
A la barre d’Orange 2, un catamaran de 36,80 mètres, Bruno Peyron a traversé l’Atlantique en 4 jours et 8 heures, en juillet dernier, à la moyenne de… 28,02 noeuds (50 km/h). A l’arrivée, le skippeur français et l’architecte Gilles Ollier, "père" d’Orange 2, jugeaient possible de traverser l’Atlantique en moins de 4 jours. Plus vite qu’un paquebot. Certes, Orange 2 est beaucoup plus grand que Gitana XI et il était mené par un équipage de 12 personnes. Mais il est aussi infiniment plus lourd : 32 tonnes contre… 6,5 pour Gitana XI.
Or, le poids, c’est l’ennemi, observe Marc Van Peteghem, du cabinet VPLP, qui a conçu Gitana XI et six autres trimarans de 60 pieds engagés dans le Rhum cette année. Dont ceux de Thomas Coville (Sodeb’O/3e), Michel Desjoyeaux (Géant/4e) et Franck Cammas (Groupama/5e).
«Chaque kilo gagné ici ou là est «réinvesti» dans des innovations pour aller plus vite», souligne Marc Van Peteghem.
Tous les architectes en conviennent : l’utilisation de matériaux plus légers et plus rigides, de mâts, de voiles et d’appendices (dérives, foils) plus performants devrait permettre d’aller encore plus vite sur l’eau.

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