Rugby : L’énorme désillusion française

Rugby : L’énorme désillusion française

La défaite hypothèque déjà les chances de qualification des Français qui devront remporter leurs trois derniers matches et battre notamment l’Irlande, le 21 septembre au Stade de France, pour espérer se qualifier pour les quarts de finale.
Depuis le début de la préparation du Mondial, en juillet, les Français vantent les mérites de leur isolement derrière les hauts murs du CNR de Marcoussis. Loin de l’agitation du dehors et de l’inquisition des médias.
Mais vendredi, ils ont mesuré l’attente de toute une nation. De l’escorte d’une nuée de motos entre Marcoussis et le Nord de Paris, en fin de matinée, à l’arrivée au Stade de France, dans la soirée, tout ne fut qu’enthousiasme bonhomme. De quoi déclencher une sainte trouille de mal faire, alimentée par la réputation grandissante des Pumas.
Cette tension fut palpable tout au long d’une entame de match catastrophique. Blancs comme des linceuls, les Français ont tout raté.
Envolées les belles promesses amassées au gré des matches amicaux du mois d’août. Rien, le vide, la peur… Face à eux, quinze argentins au plan de jeu basique, articulé autour d’une conquête solide et du pied de Juan Martin Hernandez, chargé d’occuper le camp adverse. Sans oublier de « contester » le moindre ballon au sol. Et surtout, d’affoler le triangle arrière Rougerie – Heymans – Dominici via de grandes chandelles.
Cette tactique rudimentaire, facilitée par les absences de la charnière Mignoni – Skrela, a permis aux Pumas de compter huit longueurs d’avance à la mi-temps (17-9). Grâce à la botte de Felipe Contepomi, auteur de quatre pénalités. Mais aussi grâce à un essai d’Ignacio Corleto, « offert » par les Français, via une interception d’Agulla sur une passe de Martin (27e). Evacuer la tension, balayer les doutes, croire en soi. Les dix minutes de repos ont sans doute ressemblé à une vaste séance de thérapie collective. Pour remettre les cerveaux à l’endroit et espérer en l’avenir. Et les Français confièrent leur sort à leur pack, auteur d’une avancée spectaculaire et punitive sur trente mètres. Gâchée par un mauvais choix de David Skrela (47e). Qui dans la foulée rata une pénalité facile, juste avant de ramener le XV de France à cinq longueurs (17-12, 60e). Cinq points à rattraper à l’entrée des vingt dernières minutes, le XV de France se lança dans une course poursuite effrénée. Avec l’apport de ses remplaçants, Sébastien Chabal, Dimitri Szarzewski, Julien Bonnaire et Frédéric Michalak. Promu buteur, Michalak, deuxième meilleur buteur du Mondial-2003 mais qui depuis a abandonné la charge, rata une occasion facile sur une pénalité des 22 mètres à droite (71e). L’échec de trop ! Le signe qui manquait aux Argentins pour croire un peu plus en la victoire. Pour s’accrocher davantage dans la moindre mêlée ouverte, gratter le plus petit ballon, pour décrocher le troisième succès en France de l’histoire des Pumas, déjà victorieux à Nantes en 1992 et à Marseille en 2004.
Mais ce succès est bien plus précieux. Parce qu’il ouvre en grand les portes des quarts de finale aux Argentins, les « sans compétition » du rugby international, qui lorgnent vers le Tri-nations au Sud ou le Tournoi des six nations au Nord.

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