Rugby : Mondial-2007 : L’Italie s’en va, ses rêves de grandeur déçus

L’Italie, battue samedi par l’Ecosse (16-18), quitte le Mondial de rugby la tête basse, doublement déçue de n’avoir pu confirmer le niveau de jeu proposé l’hiver dernier et d’avoir échoué devant le plus grand défi de son histoire, se qualifier pour les quarts de finale.
Toute l’Europe regardait l’Italie comme l’équipe en forme après le Tournoi des six nations 2007. Les Italiens avaient achevé la compétition sur deux premières historiques: première victoire à l’extérieur dans le Tournoi à Murrayfield face à l’Ecosse (37-17), puis premier Tournoi avec deux victoires au compteur, après le succès face au Pays de Galles à Rome (23-20). La presse italienne avait salué un «doublé fantastique et historique» des «Lions d’Italie», rendant hommage à une équipe «devenue finalement adulte». Le Mondial 2007 a pourtant affiché son caractère adolescent, impressionnable, friable.
Et plusieurs joueurs ont admis s’être peut-être imaginés plus forts qu’ils ne l’étaient réellement.
Le Mondial a commencé sur un désastre, une défaite humiliante (76-14) face à la Nouvelle-Zélande, l’Italie encaissant notamment la bagatelle de cinq essais dans les 18 premières minutes. Plaquages ratés, état de sidération face à la vitesse d’exécution des All Blacks, engagement physique intermittent, regards vides. Le match devait être un «honneur» pour la Squadra Azzurra, il s’est achevé sur une punition dont les joueurs ont mis plusieurs jours à se remettre, s’ils s’en sont complètement remis.
La confiance en défaut. Les deux matches suivants ont confirmé la fragilité mentale du groupe. Face à la Roumanie, pourtant très faible derrière tout au long de la compétition, l’Italie n’est pas parvenue à imposer son jeu.
Menés 12-8 à une demi-heure de la fin du match, les joueurs sont parvenus à s’imposer (24-18) mais sans se rassurer sur leur capacité à revenir à leur meilleur niveau. Idem face aux tenaces portugais, battus 31-5, qui auront réussi à profiter des maladresses et indisciplines des transalpins pour retarder l’échéance.
Le fond de jeu absent. Des lignes arrières, fébriles, coupables d’en-avant non provoqués, des demis souvent incapables de peser sur le jeu à l’exception notable du demi de mêlée Alessandro Troncon, un lien manquant dans le jeu d’avants et un jeu au pied parfois indigent: les bases du rugby italien de cet hiver, faites de combinaisons simples et d’un combat acharné, n’ont pas été respectées.
L’entraîneur national Pierre Berbizier, ex-demi de mêlée et entraîneur de l’équipe de France, quitte ses fonctions et serait en partance pour le Métro-Racing (Pro D2). En poste depuis 2004, il a structuré le jeu italien et son bilan comptable est très bon (11 victoires, 1 nul, 15 défaites).
Mais le technicien français trébuche sur sa dernière marche, la plus belle, ce qu’il doit regretter d’autant plus que le Mondial se déroulait en France.
Le coup d’accélérateur qu’attendait la fédération italienne de rugby en cas d’accession aux quarts de finale n’aura sans doute pas lieu, en tout cas pas autant qu’espéré. Elle discute déjà avec des successeurs potentiels, selon Carlo Checchinato, manageur national, qui a refusé de donner des noms.
Celui de Nick Mallett circule cependant avec insistance.

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