Sauber : Le vent en poupe

Sauber : Le vent en poupe

On ne pourrait pas dire que Sauber fait du grand vacarme, passant plutôt inaperçu, jusqu’à il y’a trois ans. En effet, l’écurie suisse est présente depuis onze ans en Formule 1. Onze années durant lesquels l’équipe de Peter Sauber a marqué 142 points, sans pour autant réussir autre chose. Sauber n’ayant jamais décroché la moindre pole-position ou victoire. Le bilan peut sembler maigre, certes, mais Jacky Eeckelaert, le responsable des ingénieurs de piste n’est pas loin de penser que les vrais débuts de Sauber ont eu lieu en 1999 ou même en 2000. « Depuis 1999, de nouvelles personnalités ont rejoint notre équipe,mais aussi, une organisation différente par rapport aux saisons précédentes a vu le jour. Depuis 2001, nous pouvons même travailler sur la nouvelle voiture tout en continuant, en parallèle, à développer celle que nous utilisons en course. Initialement, chez Sauber, il fallait choisir de faire l’une ou l’autre de ces choses. Le travail a aussi été amélioré au niveau de la conception, de la fabrication et de l’exploitation. Sous la direction de Willy Rampf, un personnage très fort en technique mais aussi dans le management des hommes, Sauber conçoit des monoplaces qui sont le fruit d’idées venant de personnes différentes alors que, dans la structure précédente – et ce n’est pas un reproche puisque c’est l’organisation qui le voulait ainsi – Léo Ress décidait de tout. La F1 a tellement évolué en dix ans que, dans chaque domaine spécifique, on a besoin de spécialistes. Mais c’est toujours le directeur technique qui prend la décision finale», explique Eeckelaert. C’est en 2001 que Sauber a explosé au grand jour. La très efficace C20 était le résultat de cette nouvelle manière de travailler, de ces hommes qui poussent toute l’équipe vers le haut. La C21 confirmera tout cela, la C22 de cette année un peu moins. Sauber doit se battre contre Ferrari, Williams, McLaren, Renault, BAR, Jaguar et Toyota, des écuries qui ont le double ou le triple de son budget; parfois plus encore. Cela devient de plus en plus dur pour une équipe qui n’a pas le soutien financier d’un grand constructeur, car, il faut bien le dire, malgré plus de 100 millions de dollars de budget annuel, Sauber est un Poucet en F1. Cela n’a pas toujours été le cas. C’est en 1984 que Mercedes poussa Sauber vers les sports-prototypes. Le géant allemand faisait ainsi un retour indirect à la compétition automobile après un arrêt de presque trente ans suite à l’épouvantable catastrophe des 24 heures du Mans en 1955. En 1985, on vit donc pour la première fois deux Sauber-Mercedes C8 en compétition mais ce n’est qu’en 1989 que ce duo remporta la victoire suprême dans le double tour d’horloge manceau. Quelques victoires et quelques titres mondiaux plus tard, Sauber devint tout simplement l’équipe Mercedes. Le constructeur allemand ne pensait déjà plus qu’à une seule chose: la Formule 1. C’est au cours de cette saison en 1994, que l’on découvrit que Peter Sauber vivait plus de passion et d’eau fraîche que d’argent sonnant. A la mi-saison, le trou dans la trésorerie était de 20 millions de dollars: un sponsor avait oublié d’honorer ses engagements. Avant de se retirer, Mercedes persuada Tissot de sauver l’écurie en la sponsorisant. L’année suivante, c’est Red Bull qui entrera dans le capital alors que le moteur Ford Cosworth trouva place à l’arrière des monoplaces suisses. Peter Sauber était passé très près du dépôt de bilan. Ainsi, Sauber est sur le point d’attaquer sa 12e saison de F1, alors qu’elle fait figure de l’une des plus jeunes équipes en lice. De surcroît, étant l’une des rares survivantes depuis 1993, Sauber semble bel et bien «bâtie» pour briller dans l’avenir.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *