Snooker : Un sport devenu business

Aujourd’hui Le Maroc : Le 1er championnat national de billard américain aura lieu les 28 et 29 juin courant. Que représente cette manifestation pour votre jeune fédération ?
Abderazzak Fahim : Il s’agit de la première compétition nationale organisée par la Fédération royale marocaine des sports de billards et snooker (FRMSBS). Ce 1er championnat national de billard américain se tiendra au Complexe Mohammed V à Casablanca les 28 et 29 juin et verra la participation de tous les clubs affiliés à la fédération. Il comprendra deux compétitions (féminine et masculine) et aboutira à la sélection des huit meilleurs joueurs nationaux qui représenteront le Maroc dans les différentes compétitions internationales.  

Quelles étaient les circonstances de la création de cette fédération?
L’assemblée constitutive de la FRMSBS a eu lieu les 24 janvier 2003 en présence de huit associations représentant plusieurs villes du Royaume dont Agadir, El Jadida, Kalâa Sraghna et Casablanca. L’objectif de l’organisation d’une instance fédérale nationale est de rehausser l’image de cette discipline au Maroc. Vous savez, il faut distinguer entre un club de billard et les salles de jeu qui sont très nombreuses partout au Maroc.

Quelle en est la différence ?
Un club de billard proprement dit se doit de respecter les normes mondialement reconnues par la fédération internationale, la World Confederation of Billard. Il s’agit d’une sorte de cahier de charges en relation, notamment, avec les tables de jeu et les conditions dans lesquelles cette discipline est pratiquée. Actuellement, quelque 33 clubs provenant de 25 villes sont affiliés à la FRMSBS.

Le billard est une discipline pourtant pratiquée au Maroc depuis longtemps.
En effet. Les colons étaient les premiers à introduire le billard au Maroc. Les clubs étaient alors interdits aux Marocains. La vraie première compétition a été organisée dans notre pays durant la saison 1983-1984. Plusieurs associations, dont celle de Ben M’sik dont je suis responsable, ont par la suite fait parler  d’elle dans plusieurs compétitions régionales, continentales et internationales. La dernière en date est le Championnat arabe de snooker qui a eu lieu en Jordanie en 2000. Lors de cette compétition, les nationaux se sont très bien classés avec notamment une médaille d’or en compétition féminine et une seconde place chez les hommes. Je pourrais également ajouter que la création de la FRMSBS est l’aboutissement de huit années d’effort pour la promotion de cette discipline en tant que sport à part entière.

Quels sont les différents sports de billards pratiqués au Maroc ?
Les trois types de billards reconnus par la fédération internationale sont pratiqués dans notre pays. Il s’agit du billard américain qui se joue à quinze boules numérotées, le billard français qui se pratique avec trois boules sans poches et le snooker, discipline très répandue dans les pays anglophones et qui se joue avec 22 boules.
Cette dernière discipline nécessite une grande table de jeu (2m de largeur sur 4m de longueur) et dont nos clubs ne disposent malheureusement pas. Il n’y a actuellement que huit tables de snooker au Maroc, trois à Casablanca, autant à Tanger et deux autres à Rabat.
 
La fédération fait face à quelle sorte de problèmes ?
La plus grosse difficulté que la fédération affronte est la confusion entre le billard en tant que discipline sportive et le billard en tant qu’activité commerciale.
La discipline souffre également d’un manque de cadres techniques et arbitraux qualifiés. Pour pallier à ce manque, la fédération organisera lors du dernier trimestre de cette année un stage de formation au profit des arbitres. Notre objectif est également de former une quarantaine d’entraîneurs, soit un par club affilié à la fédération.

Comment voyez-vous l’avenir de cette discipline au Maroc ?
Vous savez, la plupart des jeunes Marocains ont déjà tenu une canne de billard.
Le plus grand effort reste à fournir pour permettre aux clubs d’être conformes aux normes reconnues par la fédération internationale. Les talents sont là, il ne reste plus qu’à les découvrir et les aider à s’illustrer sur le plan international.

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