Stades : La montée du racisme

Stades : La montée du racisme

Ce sont  219 communes sur les 589 contactées qui ont accepté de répondre à l’enquête sur les dérives racistes dans le football lancée par l’association antiraciste en février. Certains ont répondu volontiers, les municipalités de la région des Pays-de-la-Loire ont répondu avec un taux de 71 %, celles de Basse-Normandie seulement 11 %, mais en Corse, "aucune commune interrogée n’a jugé utile de retourner cette enquête", déplore la Licra.
Près d’une commune sur deux (48%) témoigne connaître des problèmes de racisme dans le sport que ce soit dans un cadre professionnel ou amateur. Le football est le sport le plus touché par ces dérives, plus de 90% des cas de racisme observés l’ayant été dans le milieu du ballon rond.
La Licra, qui a été saisie de plus de 70 actes racistes, antisémites ou homophobes entre juin 2004 et mai 2005 dans le football professionnel français, juge "inquiétant" que moins d’une commune sur trois disposant d’un club professionnel en Ligue 1 ait retourné le questionnaire et qu’un seul club ait signalé des dérives racistes.
"Des communes qui ont fait la Une pour des actes racistes sur leur stade se bouchent les oreilles, nous sommes choqués", affirme à l’AFP Carine Bloch, vice-présidente de la Licra. Les incidents peuvent prendre des formes très diverses, souligne l’enquête: cris de singe, insultes, tags et banderoles racistes, ratonnades. Ils peuvent être organisés ou pas. Les victimes de ces actes sont en priorité les Maghrébins, puis les Africains et Antillais, les juifs et les homosexuels.
Des réseaux structurés se forment par ailleurs sur internet (forums, blogs, sites) au sein des groupes de supporteurs. Le football amateur est touché également. Plus de 33% des communes (72) ont fait face à des incidents racistes, sur 215 qui ont répondu à l’enquête. On dénombre 400 à 500 actes racistes durant ces deux dernières années.
La Licra dénonce aussi, à travers son enquête, le danger de l’utilisation du sport, exercé en dehors des structures classiques, par des "intégristes", parfois "des sectes", principalement dans les quartiers défavorisés. Beaucoup de communes se disent "démunies" devant ce problème, selon la Licra.
Selon Carine Bloch, l’augmentation du nombre de dérives racistes s’accompagne d’une aggravation des actes, "on passe plus couramment des insultes aux agressions", dit-elle. L’importance des dérives racistes sur les stades a été confirmée récemment par des chiffres du ministère de l’Intérieur: près de vingt incidents racistes ont été recensés au cours ou en marge des matchs de football au cours des quatre premiers mois de l’année, contre une dizaine lors de la même période de 2004.

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