Sur les traces des grands champions

L’histoire des exploits des sportifs marocains a connu une ascension extraordinaire depuis le début des années quatre-vingt et jusqu’à ce jour. Cette période faste est arrivée après une longue hibernation de près de vingt ans émaillée seulement par deux avènements majeurs. En 1961 à Rome, feu Abdesslam Radi avait offert au Maroc sa première médaille olympique en argent à Rome. En 1976 à Addis-abeba, l’équipe nationale de football avait remporté son premier et dernier titre de coupe d’Afrique des Nations. Il a fallu attendre ce jour du mercredi 8 août 1984 pour que le drapeau national flotte pour la première fois en or à Los Angeles.
L’honneur d’ouvrir le bal d’une série de médailles d’or est revenu à Nawal Moutawakkil qui a surpris le monde entier en remportant la finale des 400 mètres haie. La surprise vient en effet du fait que Nawal était la première femme arabe, africaine et musulmane qui avait décroché la médaille d’or dans l’histoire des jeux olympiques. Mais il fallait avoir du recul pour comprendre que la petite casablancaise du quartier Bourgogne avait toutes les prédispositions pour atteindre le sommet. Feu S.A. Majesté Hassan II, en visionnaire qu’il était, lui avait accordé une bourse d’études aux Etat-Unis. Nawal poursuivait ses études dans l’Iowa states university et participait aux durs championnats universitaires américains. C’est en s’entraînant durement et en se confrontant avec les meilleures athlètes de cette puissance sportive qu’elle a appris le métier d’athlète professionnelle. Cette consécration n’était nullement due à un hasard mais le fruit d’une préparation professionnelle de haut niveau. Said Aouita qui l’a suivie deux jours après sur le même podium des 5000 mètres a emprunté, lui aussi un parcours tout aussi professionnel.
Celui qui va devenir le multiple recordman du monde est entré de plain-pied dans le circuit de la compétition de haut niveau. En participant dans les meetings internationaux et en s’offrant le service d’un entraîneur spécialisé, Aouita a choisi la méthode scientifique pour embrasser une carrière époustouflante.
Il est en de même pour Khalid Skah qui s‘entraînait en Norvège sous la houlette d’un entraîneur spécialisé. Les résultats n’ont pas tardé à venir puisque Khalid a décroché la médaille d’or aux J.O. de Séville et a supplanté l’armada kenyane dans trois championnats du monde de Cross-Country. Hicham El Guerrouj et Nezha Bidouane n’ont pas failli à cette méthodologie scientifique. Même s’ils n’ont pas choisi de s’installer à l’étranger, il faut convenir qu’ils ont choisi deux entraîneurs marocains de renom. Le technicien Aziz Daouda n’est à plus présenter puisqu’il est connu mondialement comme l’est devenu Abdelkader Kadda. La préparation physique technique et mentale, a tellement évolué dans le monde, qu’il est devenu impossible de la contourner par les potentialités intrinsèques.
Les trois mousquetaires du tennis national, Hicham Arazi, Younes Aynaoui et Karim Alami, ne seraient pas arrivés là sans l’apport du système professionnel. Ce ne sont pas les footballeurs professionnels qui nous démentiront. Leur seul statut leur permet aujourd’hui de devenir titulaires dans la sélection nationale sans oublier l’image de marque que leur procure leur participation dans les compétitions européennes. Le capitaine Noureddine N’aybet en est un exemple édifiant. Il n’y a pas plus édifiant que le professionnalisme dans le sport.

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