TAG : Une étape pas comme les autres

Dimanche 31 mars. 6h00 du matin. M’Hamid, à 100 kilomètres au sud de Zagora. Les Gazelles prenaient le départ pour la première étape marathon, comptant pour les quatrièmes et cinquième étapes. Elles passaient deux jours dans le désert, en solitaire, avec une nuit à la belle étoile, à la recherche de huit balises. Le soleil n’était pas encore levé que déjà les bourrasques de vent incessantes faisaient tournoyer des kilos de sables. La visibilité se limitait à quelques mètres. En dépit de ces conditions climatiques désastreuses, c’est avec un moral au beau fixe que les Gazelles se lançaient à l’assaut des dunes, hautes jusqu’à plus de 20 mètres. Les tempêtes de sable rendaient l’opération périlleuse… Impossible de voir ce qui se trouvait de l’autre côté de la pente. Les organisateurs prenaient alors la décision d’arrêter la course à la première balise. Elle reprendra deux heures plus tard après une accalmie qui ne sera que passagère. Après le vent, c’est au tour de la pluie de prendre le relais.
Pendant deux jours, des trombes d’eau tomberont sans discontinu, remplissant les nombreux oueds. Lundi, 1er avril, vers 13h00, l’équipage 12 déclenche sa balise Sarsat, placée sur le toit du véhicule en cas de danger. Branle-bas de combat au bivouac.
L’hélicoptère arrivera à décoller malgré les conditions climatiques peu clémentes. Plus de peur que de mal. Arrêtées dans un oued, les Gazelles avaient vu leur 4X4 être emporté sur trois mètres par l’eau. Elles s’en sortent avec une bonne frayeur. Deuxième déclenchement d’une balise Sarsat vers le coup de 16h00, cette fois-ci venant de l’équipage 37.
L’équipage a fait un saut entre deux dunes et a atterri assez violemment. Les deux Gazelles se sont alors plaintes d’un mal de dos. Le médecin est arrivé par hélicoptère dans l’heure qui a suivi. Rien de grave. Encore une fois, plus de peur que de mal. Sur ces deux étapes, la solidarité entre les Gazelles a été encore plus présente que d’habitude. Dans la galère, elles se sont toutes serré les coudes pour surmonter les difficultés causées par les mauvaises conditions climatiques. Des difficultés, ils étaient plusieurs à en vivre quelques-unes. «Entre les balises 3 et 4, ça a été le calvaire. Alors que nous étions à 15 kilomètres de la balise 4, on a commencé par recevoir des trombes d’eau. C’est à ce moment-là que Nahid s’est sentie très mal. Intoxication alimentaire… Je voulais atteindre la balise 4 le plus rapidement possible. A ce moment-là, la voiture est tombée dans un trou creusé par les multiples passages des autres véhicules. Notre 4X4 a planté le nez dans le sable. Impossible de la sortir », témoigne Zhor Mechiche-Alami. Malgré tout, les filles gardent le moral et sont prêtes à enchaîner sur la deuxième étape marathon qui commence demain, entre M’Hamid et Nejjak. «C’est comme pour une femme enceinte.
Pendant tout le temps de la grossesse on a hâte que ça se termine et on jure qu’on ne recommencera pas. Une fois l’accouchement passé, c’est tellement merveilleux qu’on a qu’une envie, c’est recommencer», conclut Nahid Rached.

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