«Tanger 7’s» : la fête du ballon ovale

«Tanger 7’s» : la fête du ballon ovale

Les ruggers marocains et étrangers s’apprêtent à vivre trois jours de «mêlée» intense à Tanger. Le tournoi international de rugby «Tanger 7’s» (Seven’s)  aborde sa deuxième édition, programmée du 25 au 27 mars. Du rugby à la marocaine organisé à l’initiative de l’Association de Rugby de Tanger (ART).  «Tanger 7’s» permettra à 12 équipes de croiser le fer dans une compétition marathon. A souligner que le vainqueur du tournoi aura disputé, en l’espace de deux jours, entre 4 et 6 matchs.
« La spécificité du tournoi veut qu’il y ait cette multiplication des échanges. Cela englobera 33 matchs avec un niveau très élevé, très intense, déployant un effort physique considérable et c’est, tout simplement, très spectaculaire», indique Saïd Zniber, membre du comité fédéral, président de la commission sportive de la Fédération royale marocaine de rugby et président de l’ART.
Trois poules ont ainsi été constituées. La sélection nationale évoluera dans le groupe «A», aux côtés de ses homologues du Sénégal et de Côte d’Ivoire, en plus de l’équipe de Kelaât Essraghna. Cette dernière a été retenue après le désistement de l’équipe du Cameroun – en raison de difficultés d’ordre technique – et en vertu de sa qualité de vainqueur du Bowl de l’édition précédente. A noter que les sélections africaines se disputeront les places qualificatives à la Coupe d’Afrique à Naïrobi en 2006, avant de rejoindre la compétition générale.
Quant au groupe «B», celui-ci comprend les équipes de Marbella (Espagne), la sélection de l’Ain (France) et les clubs marocains le RAMO (Casablanca) et l’ART (Tanger). Enfin, le groupe «C» est composé des Belgium Barbarians (Belgique), de la sélection des  Coopérants français au Maroc, ainsi que des équipes de Grenade (Espagne) et du COC de Casablanca. Comme de coutume en fin du tournoi, les équipes qui se sont distinguées recevront des trophées dans les catégories Bowl, Plate et CUP. Concernant la préparation du «Tanger 7’s», tout à l’air fin prêt et il ne manque au ballon ovale que d’entrer en scène.
«Disons que du côté des préparatifs, 80% du travail a été fait correctement et 20% de celui-ci est sujet à quelques difficultés. Une chose, somme toute, normal quand il s’agit d’un tournoi de grande envergure», souligne Saïd Zniber. L’ART a également prévu de greffer à l’événement des matchs amicaux en faveur des vétérans du rugby marocain et des jeunes issus des quartiers défavorisés, qui feront le voyage de Rabat. «Les anciens joueurs de rugby sont confrontés à beaucoup de problèmes, chose qui les a amenés à fuir cette discipline. Ces matchs qui leur sont dédiés ont pour principal objectif la redynamisation du rugby national», indique le président de l’ART. Et en termes de problèmes, le ballon rond souffre d’une marginalisation qui ne dit pas son nom. Du moins à Tanger. Déjà, en milieu de saison, les clubs ont d’immenses difficultés à accéder au Stade Marshan. Aujourd’hui, en pleine préparation du « Tanger 7’s», les autorités locales semblent ne pas être concernées par la question.
«On se bat depuis 3 ans et l’on a beau essayer de prouver que même jeune, notre association est capable d’organiser de grands événements, rien n’y fait et nous n’avons pas droit à un terrain, car systématiquement, c’est le football qui est privilégié. On n’arrive pas à saisir que le sport est un facteur de développement, sur les plans économique, touristique, etc. On ne comprend pas non plus qu’il y a un manque flagrant en infrastructures et qu’il s’avère impérieux d’y remédier», martèle Saïd Zniber.  Cette marginalisation aura atteint son zénith lorsque la sélection ivoirienne, exclusivement autorisée à s’entraîner au stade Marshan, a été interdite d’accès à la pelouse, car… un match de foot s’y déroulait. De quoi halluciner ! On s’imagine le degré de frustration lorsqu’on a fait le déplacement d’un autre pays, pour participer à un tournoi international, et que l’on se voit interdire l’accès au minimum requis : la pelouse. Cela n’est point honorable, non plus, pour le pays hôte.
Les responsables semblent procéder au coup par coup, n’opérant selon aucun planning quant à savoir qui fait quoi et quand et où. Peut-être que l’on accorde le terrain au premier venu. Dans ce cas, les participants au «Tanger 7’s» n’auront plus qu’à coucher dans le stade, comme ça, au moins, ils seront assurés d’y être les premiers.

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